lundi 28 avril 2014

La case de l'oncle Tom - Harriet Beecher Stowe


Ce mois-ci, pour le challenge Un classique par mois, j'ai décidé de (re)lire la Case de l'oncle Tom. A la base, j'avais seulement lu, il y a fort fort longtemps, une version pour enfants, allégée, du classique, mais elle m'avait tellement marquée que j'ai dû la lire 45 fois en pleurant comme une madeleine (en alternant avec Notre Dame de Paris, dans la même collection, qui m'a tiré à peu près autant de larmes). Je trouve géniale cette démarche de rendre les classiques accessibles à tous ! 


Enfin passons, 15 ans après, je me suis dit qu'il était peut-être temps de lire enfin la version intégrale !

L'histoire
Au XIXe siècle, dans le Kentucky, Mr Shelby, riche planteur, traite ses esclaves avec bonté. Mais endetté, il doit malgré ses promesses vendre deux esclaves : Tom et Henry. Elisa, la mère d'Henri, découvre qu'ils vont le vendre et s'enfuit avec lui. Tom refuse de s'enfuir et est vendu à Augustin St.Clare pour servir sa jeune fille, Evangeline. Avec eux voyage Ophelia, cousine d'Augustin originaire du nord et opposée à l'esclavage.
Au cours de sa fuite, Elisa retrouve son mari Georges lui aussi en fuite. Aidés par des quakers, ils tentent de rejoindre le Canada.
Deux ans après l'arrivée de Tom, Eva tombe gravement malade. Avant de mourir, elle a une vision du paradis, qu'elle partage avec les personnes qui l'entourent. Alors que son père voulait affranchir Tom, il meurt lui aussi et Tom est revendu à un cruel planteur. Très pieu, il refuse d'obéir à son maître qui lui demande de fouetter d'autres esclaves, aussi devient-il son souffre-douleur.
Mon avis


Une expérience très intéressante ! C'était une lecture à la fois familière, et à la fois radicalement nouvelle ! Entre les parties qui ne se trouvaient pas dans la version que je connaissais et mon vécu à moi, qui est forcément totalement différent, j'ai eu l'impression de lire un livre inconnu !

Il y avait notamment deux éléments dont je ne me souvenais absolument pas et qui m'ont particulièrement marquée aujourd'hui : d'abord, le livre est un plaidoyer contre l'esclavage, ça ne fait aucun doute, mais il reste quand même pétri de préjugés. Il est évident qu'il faut toujours replacer une oeuvre dans son contexte, mais je ne savais plus de quelle couleur sourire quand l'auteure explique à son public (des femmes blanches, donc) que "si si on vous assure, les noires ont des sentiments et elles aiment leurs enfants autant que vous, dingue, non ?". Ces passages étaient assez déroutants sur le coup, mais ils permettent également, en filigranes, de retrouver la mentalité qui avait court à l'époque, et je trouve ça très intéressant. De nos jours, il nous est difficile de nous imaginer comment les blancs pouvaient penser il y a 150 ans. Ce livre agit comme une photographie de l'esprit de son époque et a permis de garder cette mentalité vivante !

Ensuite, comme je l'avais découvert en relisant sur le tard la Comtesse de Ségur, je me rends compte que ce livre est fortement empreint de morale religieuse et de bien-pensance chrétienne. Tom est un "bon nègre" parce qu'il est devenu chrétien. L'enseignement que l'auteure veut faire passer est donc en fait double. J'ai trouvé très intéressant la façon dont elle montre comment les deux camps (esclavagistes et abolitionnistes) utilisent la Bible à grand renfort de citations pour justifier leur position. Crotte alors, il y a de quoi apporter de l'eau aux deux moulins, comment faire !!! Cependant, par moments, je trouvais que la religion et le ton moralisateur prennent beaucoup trop de place dans l'histoire, ce qui a tendance à m'agacer (quel que soit le bouquin), donc quelques longueurs sur ce point, on en oublierait presque le thème central de l'esclavage !

Il est aussi intéressant d'étudier les personnages principaux de l'histoire : ceux-ci sont divisés en catégories bien précises (généralement sur la base du noir/blanc et chrétien/mécréant). Le bon nègre contre celui qui ne connait pas sa place, le merveilleux maître et le maître cruel, la fervente protestante très efficace contre la femme faible et inutile, car trop cajolée dans l'enfance... Grâce aux stéréotypes, tout le monde peut s'y retrouver, et grâce à l'auteur, savoir si oui ou non, il manque de religion (sans rire, par moments, je me demandais quel était l'objectif de l'auteur et si au fond, l'intention n'était pas de tous nous convertir ???). Le tout à grand renfort de clichés, mais ils sont bien utilisés, rien de tel que des clichés de ce type pour rendre une histoire universelle.

Pour résumer : un livre très riche dont on peut faire plusieurs lectures, il a certainement permis de faire évoluer les mentalités dans son temps, même s'il a forcément (et heureusement) bien vieilli. Il est avant tout très émouvant et propose une superbe galerie de personnages hauts en couleurs et invite beaucoup à se remettre en question. A lire absolument !

Pour finir, un petit passage qui m'a paru très intéressant : Augustin St Clair relativise l'opinion tranchée d'Ophélia en lui expliquant qu'il est bien plus facile d'être abolitionniste quand on a grandi dans un Etat dans lequel c'est l'opinion générale qui prône cette politique...


Challenge XIXe siècle
Idée 59 : un chapeau
Avril

samedi 19 avril 2014

La blonde en béton - Michael Connelly

Voici un thriller que j'ai lu en voyage, dans le train. Un bon choix, qui permet de ne pas voir le temps passer. Ok, j'avoue, je l'ai choisi surtout parce que le titre m'a fait rire et m'a intriguée !


L'histoire
L'inspecteur Harry Bosch le sait, Church, l'homme qu'il a abattu un soir, était bien le tueur de blondes qui maquillait ses victimes avant de les abandonner dans des endroits publics. La veuve de Church perdra le procès qu'elle a intenté contre lui, et la redoutable " Money " Chandler, son avocate, n'y pourra rien : la police des polices a conclu à la légitime défense. Mais, au début du procès, le cadavre d'une autre blonde est découvert sous le plancher en béton d'un immeuble et l'autopsie est formelle : la blonde a été étranglée suivant le même rituel que les autres, mais des mois après qu'Harry a tué Church. Harry a-t-il abattu un innocent et laissé filer un assassin ? Petit à petit, Harry se rend compte qu'à l'époque de la traque du tueur en série, ils n'ont pas su voir qu'il y avait en fait deux tueurs. Il se lance donc à la poursuite de ce second tueur.
Mon avis


Je lis très peu de policiers, parce que j'ai souvent l'impression que c'est "toujours la même chose", j'entends par là que le canevas de l'histoire est souvent le même et qu'il est difficile d'être vraiment original. Pour le coup, avec cette histoire, je n'ai pas du tout eu ce sentiment. J'ai aimé le fait qu'on prenne l'histoire "à l'envers", en commençant par la fin, c'est-à-dire par le procès d'un tueur en série, pour ensuite déboucher sur une enquête policière.

L'intrigue est efficace, avec plusieurs rebondissements (même si, à force de lire ce genre de bouquins, on se doute bien que parce que tel personnage parait très suspects, c'est forcément que ce n'est pas lui - sur ce point, l'auteur manque un chouillas de subtilité...). Ca se lit tout seul, c'est parfait pour se détendre (et nous maintenir éveillés un peu tard dans la nuit).

Concernant le fameux titre, j'ai beaucoup aimé le parallèle tissé dans le livre... Le titre fait évidemment référence au fait que le cadavre est coulé dans le béton, mais également à la statue de la justice présente devant le tribunal où se passe la moitié de l'histoire.

Autre élément amusant de l'histoire : elle a été écrite en 1996. On pourrait penser que ce n'est pas si vieux... Et pourtant, on se rend compte en le lisant de l'impressionnant progrès technique de ces 20 dernières années. "Mais pourquoi il ne sort pas son téléphone portable???" Ah ben, c'est vrai, il n'a qu'un bipper. Ca m'amuse toujours de m'imaginer ce qu'aurait été l'intrigue si l'auteur l'avait écrite 20 ans plus tard... Bien des choses auraient été différentes.

Avril : un thriller
Challenge Thrillers et polars

mardi 1 avril 2014

L'étoile du diable - Jo Nesbo

Comme je continue mon petit Tour du monde, le livre du jour est un thriller nous vient de Norvège ! Ce n'est pas la peine de sortir vos moufles, il se passe en été !


L'histoire
La canicule qui s'abat sur Oslo semble inspirer un tueur en série semant des diamants en forme de pentagramme sur son passage et obligeant les deux flics ennemis Waaler et Hole à collaborer. Harry doit non seulement surmonter sa répugnance à travailler avec l'homme qu'il soupçonne d'être derrière le meurtre d'Ellen mais aussi sortir la tête du trou où l'a de nouveau conduit son alcoolisme suicidaire. Démissionnaire, Harry Hole ira cependant jusqu'au bout de cette enquête et de sa confrontation avec l'homme qui se fait appeler Prinsen. (Source)
Mon avis


C'est le premier livre que je lis de cet auteur, mais chronologiquement, ce n'est pas le premier qui figure l'inspecteur Harry Hole. Du coup, je pense que j'ai raté quelques épisodes qui m'ont empêché de savourer certains passages de l'intrigue... Je pense qu'il vaut mieux les prendre dans l'ordre !

C'est un thriller sympathique, mais pas exceptionnel non plus. Si l'auteur arrive à nous surprendre à certains moments, à d'autres, on le voit venir de loin avec ses gros sabots... Il ne m'a pas tenue éveillée jusqu'au bout de la nuiiiiiihiiiihiiiit, comme c'est parfois le cas avec ce genre de livres. C'est donc un livre en dents de scie, avec d'excellents passages très captivants et d'autres que j'ai trouvés un peu plus confus... En revanche, j'ai bien aimé le style et j'ai trouvé les personnages très intéressants. Pour résumer : un thriller agréable, pour passer un bon moment sans prétention.

Une étape de mon tour du monde
Challenge thrillers et polars
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