vendredi 26 décembre 2014

Les héritiers - A voir d'urgence !

Petit article qui tarde à paraître, vagabondages de fin d'année oblige... mais je tenais absolument à parler de ce film, car c'est un gros coup de coeur !


L'histoire
D'après une histoire vraie.
Lycée Léon Blum de Créteil, une prof décide de faire passer un concours national d'Histoire à sa classe de seconde la plus faible, sur le thème "Les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi". Cette rencontre va les transformer. 
(J'ai passé le film à essayer de lire la citation en entier,
donc je la colle là :)

Mon avis


Je pensais qu'Xmen ou Sous les jupes des filles allaient être mes sorties ciné de l'année, mais non ! Enorme coup de coeur de dernière minute, je ne peux que recommander ce film ! C'est bien simple, j'ai pleuré pendant à peu près la moitié du film. 

En voyant la bande annonce, j'avais un peu peur qu'on croule sous les bons sentiments et les clichés, mais pas du tout. Le film est extrêmement bien fait et j'ai marché à fond. Les acteurs sont excellents, j'avais l'impression de regarder un documentaire ! Si ce n'était pas une histoire vraie, on crierait au mélo à l'américaine... mais à, du coup, ça marche.

Il y a deux histoires dans l'histoire... celle de l'holocauste, bien sûr, mais aussi celle de ces enfants. A une époque où on nous explique qu'apprendre l'Histoire ne sert à rien (parce que ça ne fait pas tourner les centrales nucléaires, je suppose), ce film plaide exactement la thèse inverse. Il nous rappelle aussi que ça vaudrait peut-être le coup d'investir un peu plus dans l'école et l'éducation pour résoudre les problèmes de notre société.

En bref, malgré le fond assez noir et tragique du film, c'est un énorme message d'espoir qui fait du bien, plein de tolérance... et d'émotions. A voir absolument !

Sortie noire - Christian Laurella

Avant toute chose, j'espère que tout le monde a passé de très belles fêtes de Noël ! Le livre que je vous présente aujourd'hui m'a été proposé par les éditions Taurnada, que je remercie ! J'avoue que le résumé avait tout de suite piqué ma curiosité, d'autant plus que je lis peu de thrillers en ce moment.



L'histoire
Après vingt ans passés derrière les barreaux, Daniel‚ prisonnier modèle et complètement amnésique‚ bénéficie d'un régime de semi-liberté et trouve un emploi dans une menuiserie. En parallèle‚ deux femmes, dont l'une est au service de l'autre, habitent une maison isolée en province. L'arrivée d'une lettre annonçant la libération de Daniel va bousculer l'apparente quiétude qui semblait être le quotidien des deux femmes et allumer un feu d'enfer dans la maison.
Mon avis

Un thriller efficace qui m'a fait passer un bon moment. Je l'ai lu en deux fois seulement, car une fois qu'on est entrés dans l'histoire, on a du mal à en sortir. J'ai beaucoup aimé le rythme de l'histoire : l'auteur prend tout son temps au début, pose bien ses bases, et une fois qu'il nous a accrochés, on fonce.

Pour moi, toute l'intrigue repose vraiment sur les trois personnages : tous les trois sont un peu bizarres, dans leurs comportements, dans leurs réactions... pendant toute la première partie du livre, on se demande vraiment ce qui se passe, pourquoi ils agissent comme ils le font... C'est tout ça qui m'a fait mordre à l'hameçon et j'ai trouvé que c'était une belle façon d'amorcer un thriller (et ça change des cadavres sanguinolents dès la page 3). Le machiavélisme des personnages dure jusqu'à la dernière page (la dernière ligne, même), c'est fort !

Parfait pour se détendre pendant cette période de vacances !

ET JOYEUX NOEL !!!!!
Merci aux éditions Taurnada !
Challenge Thrillers et polars

vendredi 19 décembre 2014

Parce que des fois, quand même, les challenges, je les réussis - Goodreads, Un mois Une consigne, Un classique par mois

En cette fin d'année, faisons le point sur les challenges qui se terminent... et que j'ai terminés !

En début d'année, je parlais du Challenge Goodreads que je m'étais fixé pour cette année. Visiblement, j'ai un bien meilleur rythme de lecture que l'an dernier (en tout cas, je dirais, un rythme plus régulier), ce qui fait que j'ai rempli mon challenge dès le mois d'octobre (c'est sûr qu'il ne fallait pas compter sur mon rythme effréné du mois de novembre. Passons.) !


La vraie question, c'est quel chiffre indiquer pour le challenge de l'année prochaine. J'ai opté pour le cap des 100 livres, comme ça, ça fait un chiffre rond... on verra si je m'y tiens.

Autre challenge réussi, le challenge Un mois, Une consigne, organisé par Nessa.


Tous les mois, je vous ai présenté un livre dans le cadre de ce challenge. Certains mois étaient plus faciles que d'autres, mais dans l'ensemble, j'ai réussi ! Petit retour en arrière !

Je peux déjà annoncer que je ne participerai pas au challenge l'an prochain (s'il est reconduit), car, comme ceux qui me lisent sur Facebook le savent, je suis en train de préparer quelque chose de mon côté !

Enfin, chez Mille et une frasques, nous avions le challenge Un classique par mois. Là encore, j'ai réussi à relever le défi !


jeudi 18 décembre 2014

Cantique de Noël (A Christmas Carol) - Charles Dickens

Voici une lecture que j'ai choisie parce qu'elle parle de Noël... et aussi parce que j'avais envie depuis longtemps de me plonger dans Dickens (j'ai de grosses lacunes en la matière...), qui me faisait un peu peur, allez savoir pourquoi. Je pense que c'est un bon moyen de commencer Dickens, le format Conte, assez court, décourage moins qu'un gros pavé.


Le plus gros problème avec ce bouquin, c'est son titre en français... ma version s'appelait Cantique de Noël, mais ça a aussi été traduit par Un chant de Noël... harmonisation, j'écris ton nom !

L'histoire
C'est la veille de Noël, les rues sont animées et chacun prépare joyeusement le réveillon. Le vieux Scrooge, avare et solitaire, est furieux. Il refuse l'invitation de son neveu et s'enferme chez lui. C'est alors que le fantôme de son ancien associé lui apparaît, suivi bientôt de trois autres spectres, plus inquiétants les uns que les autres. Scrooge est entraîné malgré lui dans un fabuleux voyage à travers le temps.
Mon avis

Un très joli conte que j'ai trouvé émouvant ! Il est vraiment tout public ! Comme dans tous les contes, les personnages sont très stéréotypés, surtout l'anti-héros, mais j'ai trouvé que ça ajoutait au charme du livre.

La morale ne s'étouffe pas dans sa subtilité, mais c'est un vrai plaidoyer pour la magie de Noël ! J'arrivais très facilement à me projeter dans l'histoire, à me représenter les scènes... les descriptions sont très réussies. Je le recommande chaudement en cette période (oui parce qu'au 15 août, ça perdrait un peu de son charme, je pense).

Décembre
Challenge XIXe
Idée 30 : Chaise ou équivalent

mercredi 17 décembre 2014

Chassé-croisé : Trainspotting, le film

L'autre jour, je vous parlais du livre Trainspotting... l'occasion de regarder le film pour comparer !


L'histoire
Les aventures tragi-comiques de Mark Renton, junkie d'Edimbourg, qui va tenter de décrocher et de se séparer de sa bande de copains, losers, menteurs, psychopathes et voleurs.

Mon avis

Une adaptation qui fait justice au bouquin, c'est assez rare pour être noté ! Certes, certains changements ont été apportés (notamment, le personnage qui meurt à la fin n'est pas le même que dans le livre, ils ont fusionné deux histoires, visiblement, je ne suis pas la seule à penser qu'il y avait trop de personnages dans ce bouquin !), mais c'est au bénéfice de la narration. De plus, on n'a plus qu'un narrateur, Mark "Rent Boy" Renton, ce qui simplifie vraiment les choses, on suit beaucoup mieux l'histoire que le bouquin, c'est moins embrouillé, bon point pour le film.

Ce film, qui date de 1996, a vraiment une esthétique particulière, l'accent écossait rajoute à son côté "unique". C'est très bien joué, avec quelques tirades "cultes".
Choisir la vie, choisir un boulot, choisir une carrière, choisir une famille, choisir une putain de télé à la con, choisir des machines à laver, des bagnoles, des platines laser, des ouvres boites électroniques.
Choisir la santé, un faible taux de cholestérol et une bonne mutuelle, choisir les prêts à taux fixes, choisir son petit pavillon, choisir ses amis.
Choisir son survet’ et le sac qui va avec, choisir son canapé avec les deux fauteuils, le tout à crédit avec un choix de tissu de merde, choisir de bricoler le dimanche matin en s’interrogeant sur le sens de sa vie choisir de s’affaler sur ce putain de canapé et se lobotomiser au jeux télé en se bourrant de McDo.
Choisir de pourrir à l’hospice et de finir en se pissant dessus dans la misère en réalisant qu’on fait honte aux enfants niqués de la tête qu’on a pondu pour qu’ils prennent le relais.
Choisir son avenir, choisir la vie.
Pourquoi je ferais une chose pareille ? J’ai choisi de pas choisir la vie, j’ai choisi autre chose. Les raisons ? Y’a pas de raison. On n’a pas besoin de raison quand on a l’héroïne.
J'ai beaucoup aimé certaines images du film, qui tiennent plus de la métaphore, sont complètement farfelues, mais presque "poétiques". Une bonne façon de transposer les trips des personnages ! Bien pensé et très visuel (notamment la scène des chiottes, qui me faisait un peu peur, mais finalement est moins hardcore que dans le bouquin).

Cependant, c'est une adaptation fidèle... donc j'ai eu du mal avec le glauque de l'histoire. C'est entièrement "ma faute", je n'aime pas les films glauques et sordides, ça me fout le bourdon. Du coup, je l'ai trouvé un peu long.

Chassé croisé, le livre et le film

lundi 15 décembre 2014

Trainspotting - Irvin Welsh

Après mon ratage du mois dernier, me revoici avec l'Ecossais du mois (mais je vais le finir, ce Lanark, je vais le finir, un jour!). Dans le cadre de mon Challenge Chassé-croisé, j'ai aussi regardé le film.


Sérieux, un Ecossais qui s'appelle Welsh ???? (= Gallois, pour les non anglophones).

L'histoire
A Leith, dans la banlieue d’Édimbourg, un groupe d'amis toxicos, notamment accrocs à l'héroïne, survit au jour le jour. Sick Boy, Deuxième Prix, White Swan, Rent Boy, Begbie, Spud et Matty racontent leurs aventures au fil des chapitres. La drogue, les filles, le SIDA, la pauvreté, le chômage, les arnaques...
Mon avis

J'avoue que j'ai des sentiments un peu mitigés... L'absence de narration linéaire m'a un peu déboussolée... c'est plutôt un patchwork d'anecdotes qu'une véritable histoire. De plus, j'ai trouvé qu'il était très difficile de s'y retrouver entre les différents narrateurs, il fallait parfois plusieurs pages avant de comprendre qui disait quoi (le narrateur change pratiquement à chaque chapitre. Mais pas tout le temps non plus, sinon c'est trop simple) et qui faisait quoi. Ce qui ne facilite pas la compréhension !

Sinon, dans le genre guide touristique, c'est pas mal non plus ! Pas joyeux joyeux, cet univers, il faut bien le dire... J'avoue que le scato, c'est pas trop mon truc, et j'ai trouvé certaines scènes un peu trop "décrites dans les détails" à mon goût.

Pour le positif, j'ai adoré le style, les métaphores très originales et la façon de s'exprimer des personnages... Je l'ai lu en français, mais j'ai trouvé ça très bien traduit ! Je trouve que les histoires sonnent très vraies, les situations, réelles. La critique sous-jacente est aussi très bien faite : c'est la misère et le chômage, l'absence de solutions, qui empêche ces jeunes de s'en sortir. De plus, ils s'entraînent les uns les autres dans la spirale. Le seul moyen serait de couper les ponts définitivement... Une fois encore, peu d'espoir dans ce roman.

Peut-être pas LE roman de Noël, cependant...
Idée 95 : Une cuillère
Décembre : Irvin Welsh

samedi 13 décembre 2014

Les contes de Beedle le Barde - J.K. Rowling

Ce mois-ci, pour le dernier défi d'Un mois, une consigne, il fallait lire une histoire féerique. Comment vous dire... les contes de fées, vous l'aurez peut-être remarqué, ne font pas trop partie de mes lectures favorites... En fouinant dans ma bibliothèque, je suis tombée sur cette version "sorciers" des contes de fées. Faudra bien que ça fasse l'affaire (sinon je compte lire le Cantique de Noël de Dickens, mais je ne suis pas sûre que ça rentre plus dans le sujet...).


L'histoire
C'est un recueil de cinq contes, dont le fameux conte mentionné dans Harry Potter et les reliques de la mort. Ils sont tous accompagnés d'un commentaire d'Albus Dumbledore qui replace le conte dans son contexte et l'assortit d'anecdotes.
  • Le Sorcier et la Marmite sauteuse
  • La Fontaine de la bonne fortune
  • Le Sorcier au cœur velu
  • Babbitty Lapina et la Souche qui gloussait
  • Le Conte des trois frères

Mon avis

C'est avec plaisir que je me suis replongée dans l'univers d'Harry Potter ! Il n'y a que cinq contes, mais j'avoue que j'en aurais bien lu quelques uns de plus ! Ils sont bon enfant (sauf Le sorcier au cœur velu) et, comme nos contes à nous, souvent gentiment moralisateurs : le genre est bien imité !

Les commentaires de Dumbledore sont aussi amusants, c'est une façon amusante de présenter le tout. En plus, on peut lire les contes séparément pour faire durer le plaisir ! 

Lecture sympathique, détendue et chaleureuse, parfait pour entamer la période de Noël en douceur !

Décembre : lire une histoire féerique

jeudi 11 décembre 2014

Les carnets de Malte Laurids Brigge - Rainer Maria Rilke

Article totalement en retard pour mon challenge Classique du mois de novembre... Je dois avouer qu'il m'a fallu pas mal de temps pour finir ce livre !


L'histoire
Jeune intellectuel, dernier descendant d'une noble famille danoise déchue, Malte Laurids Brigge vit seul dans le dénuement à Paris. Souvent malade, il doit assez souvent resté reclus dans sa chambre et tue le temps en développant ses réflexions sur la misère, la peur, l'abandon de la part d'autrui et la recherche de Dieu. Insensiblement, le passé surgit au milieu de ses pensées. Il raconte ainsi son enfance, évoque les amis et les proches qu'il a perdus, des personnalités historiques et littéraires qu'il a croisés. Il rend compte également de certains événements fantastiques dont il a été témoin. Être sensible, lucide, mais écorché vif par son lourd passé et son présent misérable, il est d'humeur changeante. Il note pêle-mêle ses rêves, ses joies, mais aussi ses peines, ses angoisses et ses désespoirs. Pourtant, son discours s'élève souvent vers des interprétations vastes et profondes de l'existence, non exemptes d'élans poétiques.
Quand sa santé le lui permet, il déambule dans les rues de la capitale française. Il aime suivre au hasard un inconnu dans une rue, dans un café. Il s'attache au personnage, tente de deviner ses pensées, ses préoccupations jusqu'à ressentir ses tourments. À d'autres moments, des objets tout simples, les ruines d'une maison qu'on s'occupe à raser, une fleur écrasée dans une fissure du trottoir, suscitent sa pitié et d'étranges rêveries. Au début de l'hiver, la mort des mouches est thème qui le conduit à l'étude de la mort, de la mort des hommes devenue aujourd'hui si médiocre et impersonnelle. (Wikipedia)
Mon avis

Ce roman autobiographique, sous forme de journal intime, a été publié en 1910.

J'ai eu deux réactions face à ce livre : d'abord, je l'ai trouvé vraiment très bien écrit. Le style est sublime, ça coule, j'ai trouvé ça très émouvant... Un bijou d'écriture.

Mais... j'ai fini par m'en "lasser", parce que je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire. C'est un patchwork de digressions dépressives, ça part dans tous les sens, et j'ai fini par m'ennuyer de ce style très décousu... du coup, je ne sais pas trop quoi dire pour cette chronique. Reste le style, qui vaut vraiment le détour.

Challenge XXe
Une étape de mon Tour du monde
Un classique par mois

mardi 25 novembre 2014

Les chiens de Belfast - Sam Millar

Me voici de retour après cette panne de lecture... en novembre, je deviens un vague croisement entre la méduse et le flan, et la lecture devient un effort bien trop surhumain pour cet océan de mollesse. Bref, j'ai enfin repris un peu le rythme et je présente avec un peu de retard mon Irlandais du mois ! Un Irlandais du Nord, ce coup-ci ! (D'ailleurs, avec ce livre, je crois que c'est la première fois que je lisais l'expression "Irlandais du Sud", comme quoi tout est question de perspective.)


Je fais aussi passer ce livre dans le challenge Un mois, une consigne... Il fallait "Un livre choisi par quelqu'un d'autre". Techniquement, c'est Cryssilda qui m'a fait choisir cette lecture, pour respecter son challenge !


L'histoire
Il s’en passe de belles, à Belfast, cet hiver-là… Deux mains gauches sont découvertes dans les entrailles d’un sanglier abattu à la chasse. Vingt ans plus tôt, c’étaient des chiens sauvages échappés du zoo qui déchiquetaient les corps… Et il ne fait pas bon s’attarder dans les bars : une femme mystérieuse — pute ou pas pute ? — attire plusieurs hommes de la ville dans ses filets, puis s’offre à leurs dépens des séances de torture raffinées avant de les achever. Le soin de démêler les fils sanglants de cette série macabre échoit à Karl Kane, détective privé cabossé par la vie et hanté par un drame digne d’un fantasme de James Ellroy. Et ce n’est pas la police qui va l’aider.
Mon avis

Première impression : j'ai regretté de l'avoir lu en français. Vraiment. Entre les fautes qui piquent les yeux (dès le premier chapitre, quand on sort d'un mois de "jachère" de lecture, ça rend bougon) et les jeux de mots intraduisibles qu'on comprend uniquement grâce aux notes de bas de page (je n'aime pas les notes de bas de page, que voulez-vous. Déformation professionnelle.), à mi-parcours, je me suis dit que j'aurais vraiment dû le prendre en V.O.

Pour ce qui est de l'histoire en elle-même, c'est un thriller très efficace, qui ne fait pas dans la dentelle, il faut bien le dire (mais quand on se renseigne un peu sur l'auteur, tout de suite, c'est moins surprenant, la pomme n'est pas tombée très loin de l'arbre, comme ils disent). A lire à jeun, de préférence ! Au début, l'histoire part dans tous les sens (chaque chapitre nous présentant des événements nouveaux) et je me demandais vraiment où cela allait nous mener. Il faut vraiment attendre les dernières pages pour compléter le puzzle.

Son point fort, c'est l'humour. Un humour noir, des jeux de mots qui fusent dans tous les sens, tout ce que j'aime. C'est ce qui en fait un livre indécrochable de son contexte culturel, comme je le disais plus haut.

Bref, pas sûr que le bouquin me donne envie de partir pour Belfast dès demain, mais j'ai passé un super moment.

Thrillers et polars
Une étape de mon Tour du monde
Novembre : Sam Millar
Livre choisi par quelqu'un d'autre

mercredi 22 octobre 2014

La grève des bàttu - Aminata Sow Fall

Aujourd’hui, nous partons au Sénégal ! Petite explication du titre : le bàttu désigne la calebasse dans laquelle les mendiants demandent l'aumône (et par extension, les mendiants sont des boroom bàttu).


Ce livre court aussi pour le challenge Un mois, une consigne, pour lequel il fallait lire un livre acheté depuis moins d'un mois. Je vous parlais de cet achat ici !

L'histoire
Kéba-Dabo avait pour tâche, en son ministère, de "procéder aux désencombrements humains" : éloigner les mendiants de la Ville en ces temps où le tourisme, qui prenait son essor, aurait pu s'en trouver dérangé. Et son chef, Mour N'diaye, a encore insisté : cette fois, il n'en veut plus un seul dans les rues ; et ainsi fut fait. Mais les mendiants sont humains, et le jour où, écrasés par les humiliations, ils décident de se mettre en grève, de ne plus mendier, c'est toute la vie sociale du pays qui s'en trouve bouleversée. A qui adresser ses prières ? À qui faire ces dons qui doivent amener la réussite ?
Mon avis

Un vrai coup de coeur que ce petit roman ! J'ai tout aimé dedans ! Le style est coloré, amusant, très agréable à lire, les descriptions nous plongent immédiatement dans l'histoire et dans l'ambiance. Le livre ne donne pas d'indications sur l'endroit où se déroule l'histoire (La VILLE), donc il pourrait se passer partout et en devient universel. L'auteure parvient à traiter un sujet relativement grave de façon légère, et son message passe d'autant mieux. Quand il s'agit de faire parler les personnages qui veulent faire disparaître les mendiants, l'auteure ne mâche pas ses mots, ce qui choque, mais rend l'histoire très crédible !

Le postulat de départ est très intéressant. A première vue, une grève des mendiants peut paraître absurde, mais cela permet à chacun des personnages, que ce soit les mendiants eux-mêmes ou les politiciens qui veulent les chasser, de se demander pourquoi on mendie ou pourquoi on donne la charité... et le rapport de force s'inverse. Dans les cultures africaines (je généralise, j'en suis consciente, mais je ne m'y connais pas assez pour préciser), visiblement, la charité joue un rôle important pour ceux qui la donnent : les marabouts que les nantis consultent leur donnent toujours pour instruction de faire tel ou tel don à des pauvres (à croire qu'ils sont de mèche avec les mendiants !). Le livre nous encourage à prendre du recul face au problème et montre que les mendiants aussi sont utiles à leur manière.


Le dilemme de Mour N'diaye, le ministre, est très amusant : la disparition des mendiants est excellente pour sa carrière, mais un marabout lui a dit qu'il ne serait nommé vice-président que s'il donne la charité à des mendiants ! Il en est rendu à mendier leur retour auprès des mendiants, scène très cocasse !

Autre point du livre, qui n'a pas de rapport avec la mendicité : l'air de rien, l'auteure en profite pour intercaler des passages plaidant la cause des femmes et dénonçant la façon dont elles sont soumises aux humeurs des hommes... un plus que j'ai apprécié.

En bref : un petit bijou à la fois amusant et très sérieux, très bien écrit ! Un coup de coeur.

Octobre : Livre acheté depuis moins d'un mois
Une étape de mon Tour du monde

lundi 20 octobre 2014

Le Rital #1 – Dans l’enfer de l’Isonzo - Tom Savel

Voici un article un peu particulier. Une fois n'est pas coutume, je vous parle d'un livre qui sort aujourd'hui, et que j'avais eu l'occasion de lire cet été en tant que bêta-lectrice (c'est-à-dire, dernière relecture avant publication, où l'on annote le document pour faire part de nos remarques). C'était une expérience très intéressante, qui demandait de la concentration pour ne pas se laisser emporter par le texte. L'attitude est différente de celle d'une lecture normale, puisqu'on doit chercher la petite bête, plutôt que de se laisser charmer sans réfléchir !


L'histoire
Lorsque, en 1902, à cinq ans, Carlo débarque en Provence avec des parents fuyant la misère en Italie, il est loin d’imaginer que l’eldorado escompté par les siens ne sera jamais à la hauteur de leurs espoirs. Souffre-douleur d’un parâtre alcoolique – avec lequel sa mère s’est mise en ménage à la suite du décès accidentel de son père – il fuit la maison familiale, à huit ans et demi, une nuit d’avril 1905. Il est recueilli, dans un premier temps par des bouscatiers travaillant dans les bois environnant le village de la Cadière. Employé ensuite comme ouvrier agricole et charretier, il traverse, à l’instar de ses compatriotes résidant dans l’Hexagone, une période agitée pleine de haine envers des migrants accueillis dans un pays que l’Italie risque un jour de combattre du fait de son appartenance affichée à la Triplice – la France étant, elle, dans le camp opposé. En 1915, l’Italie rejoignant finalement la Triple Entente, il part combattre – comme tous les Transalpins résidant dans l’Hexagone – l’Autriche-Hongrie, l’ancienne alliée de l’Italie, dans le Trentin puis dans l’Isonzo.
Mon avis

J'avais tout de suite été séduite par le résumé. J'aime particulièrement les romans et fictions historiques, de plus, je connais peu cette période en Italie et dans le Sud de la France... Il s'agit d'un tome 1 et je dois dire que je suis déjà curieuse de lire la suite, principalement pour ce qui est du point de vue culturel/historique.

Le style est très recherché, je dois dire que j'ai beaucoup enrichi mon vocabulaire en lisant ce livre, car il y avait beaucoup de mots inconnus (de moi), ou bien régionaux... Ce qui est toujours intéressant, quand on lit ! L'histoire est extrêmement documentée, le déroulement de l'intrigue est précis, on s'y croirait, et c'est très intéressant. Il y avait aussi quelques passages en italien et en provençal, j'avoue que j'ai beaucoup aimé, ça donne une note de couleur à l'ensemble et c'est plutôt original, sans casser l'histoire !

Par moments, cette profusion de détails se fait cependant au détriment du rythme, je dois dire que je me suis perdue en route dans les passages qui racontent les combats de la Première Guerre mondiale. Ceci dit, je pense que ça vient de moi, et non du livre. De manière générale, je n'aime pas les histoires de guerre, qu'il s'agisse de films ou de livres. C'est mon seul petit bémol, mais une fois encore, je pense que ça vient de moi...

En bref : un livre passionnant et enrichissant tant pour le fond que pour la forme, avec de très beaux personnages et une narration colorée.

Livre proposé par les Editions Hélène Jacob
Idée 23 : Pied, talon
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