dimanche 27 octobre 2013

Etat critique de Robin Cook

Pour se détendre pendant un dimanche pluvieux, rien de tel qu'un bon thriller. En la matière, Robin Cook est un spécialiste et une valeur sûre. Le seul petit souci que j'ai avec ce genre de bouquins, c'est qu'ils ont tendance à me donner des crises d'hypocondrie (ahhh le descriptif du SCT). Pas vous ?

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Robin Cook, ses livres sont principalement des enquêtes policières qui mettent en scène des médecins légistes, Jack Stapelton et Laurie Montgommery. C'est gore sympa, ça change des enquêtes policières traditionnelles.


L'histoire
New York. Épidémie de staphylocoque doré particulièrement virulente dans trois cliniques spécialisées appartenant au Dr Angela Dawson. Soutenue par des investisseurs privés, ce médecin atypique et novateur a créé sa propre startup, « Angels Healthcare », bientôt cotée en Bourse. Une ascension fulgurante menacée par la redoutable bactérie. Or, Jack doit se faire opérer dans cette même clinique. Sa femme Laurie est donc inquiète de la flambée de décès postopératoires dans les cliniques « Angels Healthcare ». Elle va ouvrir sans le savoir la boîte de Pandore d’un complot financier qui menace leur carrière, mais aussi leur vie… 
"Qu'est-ce qu'on se marre dans mes livres" qu'il disait...
Mon avis
Un thriller très efficace, comme toujours avec Cook, d'autant plus qu'ici on craint pour les héros qui sont directement menacés. Il n'a pas le truc en plus qui le rendra inoubliable, mais il remplit parfaitement son rôle de thriller haletant que l'on a envie de dévorer.

Je dois faire une fixette en ce moment, mais j'ai passé tout le bouquin à m'énerver après les personnages féminins principaux qui me cassaient les pieds (mais ARRETE de vouloir changer ton mec à tout prix, bon sang de bois) (je rigole, je ne dis pas ça en vrai, mais vous avez compris). Bref, ça n'enlève rien au plaisir de la lecture, c'était la minute râlage du jour !!

L'occasion pour moi de vous parler (encore) d'un challenge sympatique qui se passe chez Liliba et qui a pour thème "Thrillers et polars", jusqu'au 5 juillet 2014.

vendredi 25 octobre 2013

L'Iliade d'Homère

Grâce au défi d'Helran, nous voyageons dans l'espace, mais aussi désormais dans le temps. Pour illustrer la Grèce, j'ai choisi de vous présenter une épopée antique et de vous faire faire un bon de près de 3000 ans en arrière. Je l'ai lue à l'époque où je faisais encore du latin, au lycée... En plus, c'était l'époque où est sorti le film Troie, alors je m'étais amusée à le lire en notant toutes les différences avec le film. Oui, il y en avait beaucoup ! 


L'histoire
Le titre vient du mot Ilion, qui est l'autre nom de la ville de Troie. Il raconte la guerre entre Troie et les villes grècques et plus particulièrement une semaines de la fin de la guerre. On y voit les dissensions entre les Grecs, la brouille entre Achille et Agamemnon, mais aussi les querelles entre les dieux qui veulent chacun voir gagner leurs favoris. Ensuite, on voit la mort de Patrocle de la main d'Hector, puis la vengeance d'Achille.

Ce résumé est très concis, Wikipédia propose un résumé bien plus détaillé des différents chants, pour ceux que ça intéresse.

Le corps d'Hector... wiki
Mon avis
C'était à l'origine un chant, et même plusieurs, donc une histoire à se faire raconter le soir au coin du feu. La lecture de la traduction, qui est en prose alors que l'original est un chant, était très ardue, très longue (le catalogue des vaisseaux, certes célèbre, n'en finit pas). et bourrée de notes de fin de livre qu'il faut aller consulter en permanence pour comprendre l'histoire. En plus, quelle déception, je me suis rendu compte que, contrairement à ce que je pensais, l'histoire ne s'arrête pas à l'anecdote du cheval, mais avant, à la mort d'Hector. Du coup, j'ai dû lire L'Enéide de Virgile après, pour avoir le fin mot de l'histoire !

Bref, une très très grande histoire que j'aime beaucoup (j'ai très longtemps été fascinée par la mythologie greco-romaine), mais je pense qu'elle n'est pas faite pour être lue d'un bloc ainsi ! Présentée sous cette forme, elle est faite pour être analysée, c'est un travail d'érudit, moins celui d'une jeune lycéenne ! Si ça vous tente de la lire, je vous conseillerai de vous orienter vers une version abrégée (je pense que ça existe !) ou adaptée.

Une étape de mon tour du monde

jeudi 24 octobre 2013

Et la littérature audio, vous en pensez quoi ?

Aujourd'hui, ce n'est pas un livre que j'ai envie de vous présenter, mais un site internet que j'adore : Littérature audio. Quel rapport avez-vous aux livres audios ? Personnellement, j'ai toujours un ou deux livres qui trainent au fond de l'iPod, au cas où. En début d'année, j'étais très fatiguée, déphasée et peu motivée, donc je ne lisais pratiquement pas de livres sur papier (mon challenge Goodreads en a donc pris un coup...) Du coup, je me mettais un livre audio dans la pièce pendant que je cuisinais ou bricolais. J'avais l'histoire sans la fatigue supplémentaire. (Je ne regarde jamais la télévision, donc c'est ma façon à moi d'avoir une "compagnie" dans la pièce.)


Autre exemple : quand on prend l'avion, qu'on doit attendre une nuit seul dans un aéroport... la solitude, le temps qui s'éternise, la "peur" de s'endormir... quitte à passer une nuit blanche, quand on a déjà dévoré un pavé dans la journée et qu'on fatigue, l'audio book devient un compagnon pour rompre le silence et un bon substitut à la lecture.

Enfin, l'audiobook au fond de l'iPod est pratique pour les cas d'urgence : je suis partie sans livre pour X raison et me voilà à attendre des plombes dans une salle d'attente ou autre. Le Marie-Claire de juillet 1984 ou le journal de Mickey ? Non merci, je dois avoir un Dumas qui traine quelque part. Excellent moyen également de lire les pavés classiques quand on a la flemme !

Et je ne conduis pas, mais je recommande cette solution à tous ceux qui sont coincés dans les bouchons chaque jour et ne peuvent pas lire pendant ce temps. Voici un bon moyen de vous cultiver sans les mains et de passer le temps utilement et agréablement !

C'est aussi une solution que je recommande à des amis étrangers voulant écouter du français. Secret story, tu es sûr ? A eux, je leur recommande d'écouter en ayant le livre sous les yeux, mais c'est encore un autre sujet. Bref, chacun peut trouver un moyen d'intégrer ce format à son quotidien.


Venons-en maintenant au site en question. C'est une association dont le principe est de rendre les classiques populaires à ceux qui ne lisent pas (notamment pour les non-voyants, mais pas seulement). Tous les textes lus sont libres de droits et les donneurs de voix sont des bénévoles, donc tout est gratuit, c'est un excellent moyen de redonner vie aux classiques. Ca peut aller de la minuscule nouvelle d'Oscar Wilde qui prend 1 heure au pavé en 3 tomes d'Alexandre Dumas qui prend 3 jours (j'ai écouté beaucoup d'Alexandre Dumas grâce à ce site, car les livres sont énormes et assez chers, et ça m'agace de payer vu qu'il n'y a plus d'ayants droit).

Ce sont les mêmes donneurs de voix qui reviennent régulièrement, on finit donc par s'habituer à eux, ils nous deviennent familiers, on a nos chouchoux... J'aime beaucoup cette sensation. Qui sait, peut-être qu'un jour je me lancerai à donner de la voix ? J'avoue que je suis tentée par cette idée.

C'est sûr, il y a aussi des inconvénients à la littérature audio : des fois, l'attention se décroche et on se perd un peu ! Mais on peut toujours revenir en arrière. C'est comme la liseuse, comme tout. Je pense que c'est un autre moyen d'aborder les livres, à marier avec les autres supports, pas une méthode qu'il faudrait adopter en délaissant entièrement le reste.


Vous pouvez fouiller dans le site, faire un choix par auteur, par genre, ce qu'on veut ET, ce que je trouve intéressant, s'abonner à la newsletter pour télécharger les nouveautés qui nous intéressent. Ca peut aussi donner des idées de livres auxquels on n'aurait pas pensé tout seul.

Je vous redonne donc le site, et sur cette page, vous trouverez les liens vers d'autres sites tout aussi gratuits.

mercredi 23 octobre 2013

L'aveuglement - José Saramago

Le livre d'aujourd'hui est un livre à part, notamment pour sa forme. Je l'ai pioché un peu au hasard à la librairie à l'époque où le film est sorti, donc quand il était affiché un peu partout (d'ailleurs, j'ai dû aussi voir le film, mais il m'a beaucoup moins marquée. Mais c'est une autre histoire). En l'ouvrant, le choc. Est-ce que quelqu'un pourrait montrer à l'auteur la touche guillemet et la touche tiret de son clavier ?? Yep, vous l'avez compris. Pas de dialogues, des phrases proustiennes, des incises dans les incises, pas de points d'interrogation, pas de rien du tout... moi qui en use et en abuse, et des doubles et des triples ponctuations par-dessus le marché, ça m'a fait drôle. Enfin, pas drôle, l'inverse. 


Et comme si cela ne suffisait pas, les personnages n'ont pas de nom... Ce serait trop facile. La femme du docteur, et le premier aveugle, et la jeune fille aux verres teintés, et la belle-mère de celui qui a éternué à la page 10, et Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom (ah non pardon, je me trompe de livre). Bref, c'est compliqué.


Après avoir laborieusement dépassé la page 12, et 4 plaquettes de Doliprane plus tard, je dis à ma copine qui n'était que louanges pour ce livre que, une fois n'est pas coutume, je vais lâcher l'affaire et faire des confettis de cet alignement de "tampons", comme dirait Danny Boon. Et là, elle s'insurge : mais non !! Sois patiente. Laisse-toi porter, force-toi encore un peu et tu vas voir, tu vas finir par comprendre*. Vous savez quoi ? C'est un des meilleurs conseils livresques qu'on m'ait donnés !


*J'ai mis des italiques parce que sans, ma phrase est un peu saramagoïennement incompréhensible, le bougre déteint, faites attention.

L'histoire
Un homme devient subitement aveugle. Il est la première victime d'une horrible pandémie. Les premiers aveugles sont internés puis livrés à eux-mêmes, en quarantaine, car personne ne veut les approcher, personne ne comprenant le mode de contagion. Seule une femme n'est pas touchée, mais elle prétend l'être pour se faire interner avec son mari. Elle cache sa vision pour ne pas devenir l'esclave des aveugles. Dans l'espace de confinement, des clans se forment. Certains volent la nourriture et la revendent au prix fort aux autres, et pire encore. Plus tard, quand la contagion s'est étendue à toute la ville, ils peuvent sortir et nous constatons les dégâts, plus rien ne tourne, car tout le monde est devenu aveugle.


Mon avis
Ca a été très dur de rentrer dans le livre, mais ça en valait vraiment la peine. Il est évident que tout n'est pas à prendre au pied de la lettre, au contraire, c'est une allégorie qui donne matière à une profonde réflexion : l'Homme peut basculer à tout moment, perdre son caractère civilisé et sa dignité, et redevenir un "animal" au sens le plus vil. On le voit facilement en comparent les aveugles à la femme encore voyante : c'est elle qui reste digne, qui fait garder le cap au groupe et enraye sa descente aux enfers. L'auteur est portugais, mais l'histoire ne comporte pas de lieu ni d'époque, ce qui diminue encore l'absence de repères et donne encore plus de liberté à notre imagination.

Après la lecture, on comprend mieux le style étrange : tout est fait pour nous faire perdre nos repères et nous déstabiliser. L'auteur ne nous mâche pas le travail, les fruits qu'on récolte de la lecture ont donc d'autant plus de valeurs. J'aime l'idée que le livre se fait "à deux" entre l'auteur et le lecteur. C'est un vrai exercice de style et de philosophie que je vous recommande pour un jour où vous serez reposé et patient !

Vous comprenez mieux pourquoi le film ne m'a pas autant marquée : on perd tout le style et toute l'idée de réflexion, le film nous donne tout, ce qui n'était pas le but de l'auteur.

Une étape de mon tour du monde

mardi 22 octobre 2013

Challenge Stefan Zweig de Métaphore #2 - La Confusion des sentiments et Le joueur d'échecs

Je reviens en force pour la deuxième partie de ma participation au challenge de Métaphore sur Stefan Zweig. Souvenez-vous, j'avais déjà présenté deux nouvelles. Voici les deux suivantes. J'aurai donc rempli (oh non, déjà ??) le contrat de ma catégorie, Le joueur d'échecs, soit 4 oeuvres à présenter. Sachant qu'il me reste encore 5 nouvelles à lire dans mon recueil, je vais très probablement passer à la catégorie supérieure.


La confusion des sentiments
Un jeune étudiant berlinois à la vie dissolue est envoyé par son père dans une petite université provinciale. Là, il est frappé par l'éloquence d'un professeur. Dans une complète admiration, il emménage près de chez lui, entre dans son intimité et passe de longues heures à avoir des discussions profondes avec ce professeur, ce qui ne fait que renforcer son admiration et son éloignement de tout ce qui n'est pas lui. Mais petit à petit, il remarque l'ostracisme dont est victime son professeur et il est perturbé par sa façon de traiter sa femme, de passer brutalement de conversations enflammées à des paroles blessantes, et de disparaître régulièrement sans aucune explication...

Encore un récit assez court (bien que plus long que les nouvelles précédentes), qui vous happe et vous prend aux tripes. On n'a l'explication du mystère que dans les toutes dernières pages, mais son ombre pointe au fil de l'histoire et on le devine soi-même un peu avant. Je vous laisse le plaisir de la surprise. J'ai notamment beaucoup aimé le fait que cette histoire touchante et dure était très en avance sur son temps (1927). Les personnages sont touchants, surtout le jeune étudiant enflammé et candide.

Le joueur d'échecs
Sur un bateau le menant à Buenos Aires, le narrateur apprend que se trouve aussi à bord Czentovic, le plus grand champion d'échecs de leur temps, un rustaud dépourvu de toute culture ou intelligence en dehors de sa maîtrise des échecs. Fasciné, l'auteur veut "étudier" de plus près ce champion qui ne se laisse pas approcher. Avec l'aide d'un riche écossais, il l'attire en l'engageant dans des parties d'échecs, mais les deux compères n'ont évidemment pas le niveau pour le battre. C'est alors qu'apparaît un inconnu qui les guide et les mène à faire jeu nul. Le narrateur cherche donc désormais à le comprendre, lui, cet inconnu qui prétend n'avoir pas touché un échiquier depuis 20 ans. L'homme lui raconte donc son histoire, et comment il a pu résister aux tortures nazies en jouant aux échecs dans sa tête, même s'il a failli en devenir fou.

Autre histoire où, comme pour Amok, le narrateur recueille un récit à bord d'un bateau ! Les personnages sont pleins de mystères (dommage, d'ailleurs, que le mystère du champion d'échecs n'ait pas été creusé plus). Même si je ne comprends pas grand chose au jeu, j'aime beaucoup les histoires qui le mettent en scène, on peut faire s'y produire tant de choses (Le tableau du Maître flamand de Perez-Reverte ; Le Huit de Neville). L'avantage de ce livre, c'est que le narrateur est un peu comme nous, il sait bouger les pièces, point. Du coup, il ne part pas dans de grands descriptifs incompréhensibles. Est décrite aussi à petites touches l'invasion du pays natal de l'auteur par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale, c'est donc un livre à plusieurs couches.

A noter que cette nouvelle est la dernière écrite par Zweig, juste avant son suicide, et qu'elle a été publiée à titre posthume.

J'ai envie de finir sur une citation :
Un livre ! C'était bien un livre ! comme l'éclair, la pensée jaillit dans mon cerveau : essaie de le voler ! Peut-être réussiras-tu, et alors tu pourras le cacher dans ta cellule et lire, lire, lire enfin, lire de nouveau !

lundi 21 octobre 2013

Comment aimer son maître quand on est un chat - Comment domestiquer son maître quand on est un chat de Monique Neubourg

Ce petit livre détente nous changera des livres que je lis habituellement. Le chat ne pouvait passer à côté de ce livre écrit par un compère chat !! J'ai craqué pour son format et son (ses) titres prometteurs. A la base, je voulais l'offrir à quelqu'un. Je l'ai d'abord feuilleté rapidement et je me suis rendu compte que ce n'était pas du tout ce que j'avais imaginé, du coup ça ne correspondait pas vraiment. Je l'ai lu, du coup, pour être sûre de mon erreur !


L'histoire
Ce livre recto-verso se décompose en deux parties : Comment aimer et comment domestiquer son maître quand on est un chat.
La première partie dissèque la façon qu'ont les humains d'aimer et toutes les variantes ainsi que le sexe, l'amour des choses, etc. 
La deuxième explique aux chats de tous poils comment bien choisir son maître, en décrit les différents profils, les différents habitats et les différentes manies.
Le tout est écrit du point de vue d'un chat qui décrit à ses congénères le comportement des Domestiqués et donc, comme on peut se l'imaginer, d'un point de vue très cynique et méprisant vis-à-vis des bipèdes. Les paragraphes sont séparés par des encarts qui comparent la situation traitée avec celle du monde des chats.

Photo "piquée" au blog des chamis Liousha et Tiki
Mon avis
Je ne m'attendais pas du tout à ça en lisant le livre. Je pensais trouver le kit du parfait manipulateur à quatre pattes, et pas une pseudo-analyse de l'homme occidental et de ses comportements, même si elle pique souvent juste : si j'avais eu envie d'une réflexion profonde sur l'être humain, j'aurai trouvé des centaines d'autres titres bien plus appropriés, je n'aurais pas pris ce livre-là !!! L'auteur rate donc totalement sa cible.

Le chat-narrateur ne met pas assez sa patte, je trouve. On rigole un peu, mais pas assez à mon goût (ce sont surtout les encarts qui sont drôles). La partie Comment domestiquer son maître est quand même plus rigolote que l'autre et se place plus du point de vue des chats. Quant à la partie Comment aimer son maître, je me demandais souvent ce que ça venait faire là, c'était souvent hors sujet et à peine drôle : le chat n'explique pas comment il faut aimer son maître, il explique juste comment son maître aime. Ce qui est un tout autre sujet.

C'est sympa, mais à lire à petites touches, je pense, et pas d'une seule traite. C'est un peu longuet et en plus il y a de la redite entre les parties. Il aurait mieux valu faire un petit fascicule que diluer pour obtenir un roman de 300 pages, voire se contenter d'une seule partie, celle sur la domestication. Ici on a la quantité, mais pas la qualité. Pour égayer un dimanche pluvieux sans se prendre la tête, préférer un bon polar.

dimanche 20 octobre 2013

Je ne souffrirai plus par amour - Essai de Lucia Etxebarria

Ce livre m'a été prêté par une amie. Voulait-elle faire passer un message subliminal ? Probablement. Peut-être même plusieurs... De cette auteure, j'avais déjà lu Amour, prozac et autres curiosités. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on change totalement de registre (avis à ceux qui s'attendent à quelque chose dans la même veine que Amour, prozac... ce n'est pas le cas, préparez vous à changer de style). De plus, c'est intéressant de le lire après l'autre, car ça permet de voir la part autobiographique de Amour, prozac... étant donné que l'auteure se base beaucoup sur ses expériences personnelles pour son essai. 


L'histoire
Cette fois, l'auteur se lance dans un essai de psychologie, rien de moins. Le livre se divise en trois parties. 

Dans la première, elle présente le concept de dépendance émotionnelle, qu'elle connait bien puisqu'elle en souffre. Elle démonte le mythe du Grand Amour, construit de toutes pièces par notre société et qui fait plus de mal que de bien, dissèque de nombreuses relations de couples, toutes plus catastrophiques les unes que les autres, faisant souvent remonter la source des problèmes à l'enfance (on reproduit inconsciemment des schémas). Elle montre pourquoi ce qu'on prend souvent pour de l'amour n'en est pas du tout et pourquoi certaines personnalités s'enferrent malgré tout dans ce genre d'histoires. Cette partie peut-être résumée par la phrase "Pour vivre à deux, il faut savoir vivre seul ; pour aimer quelqu'un, il faut s'aimer soi-même".

La deuxième partie traite du problème de l'estime de soi et du libre arbitre, de comment les renforcer et de l'influence de notre société et de ses exigences sur notre bonheur (ou plutôt le non-bonheur de nombreuses personnes qui se démènent pour décrocher ce que la société désigne comme acceptable).

La troisième, plus courte, dénonce la télévision comme prescriptrice de comportements et dézingue les telenovelas et autres séries, que je qualifie de sexistes, dans la bonne humeur. Ce que j'approuve en battant des mains (non, je n'ai pas la télé, oui, c'est un choix, non, je n'en souffre pas. Et Dexter rules).


Mon avis
Le livre commence par un quizz "Ce livre est-il pour moi ?", pour, selon l'auteure, éviter à certaines personnes un achat inutile. J'ai fait le quizz, visiblement ce bouquin n'était pas pour moi du tout, mais bon, j'ai quand même poursuivi la lecture. Lecture assez rapide (un soir, un matin, petit marathon de lecture dont j'avais envie depuis un moment), mais dont on ressort avec assez de matière à réflexion pour alimenter le jogging dominical.

Bilan : même si on n'est pas dépendant émotionnel (si vous l'êtes et que vous l'ignorez, tel un M. Jourdain de la psychologie, vous vous en rendrez compte très vite en lisant le livre si vous avez une capacité d'auto-analyse...), on peut tirer beaucoup de la lecture de ce roman : ça m'a permis de comprendre un peu mieux beaucoup de relations (j'entends, les relations d'autres personnes de mon entourage) qui me laissaient perplexe et aussi pourquoi je suis à peu près incapable de garder un mec... je dois me diriger vers des profils trop incompatibles avec le mien, je vais régler mon GPS... Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi Machin et Bidule sont ensemble en dépit du bon sens ??? Ou pourquoi Trucmuche n'a que l'embarras du choix niveau mecs et passe d'une relation à l'autre alors que vous êtes plus belle/intelligente/talentueuse/dégourdie/drôle/sympa (ne pas rayer la mention inutile) et que c'est vous qui passez vos soirées seule ???

En lisant ce livre (même si je ne suis pas forcément d'accord avec tout ce qu'il dit...), je me suis aussi rendu compte du chemin que j'avais parcouru depuis mes premiers balbutiements sentimentaux : je n'ai pas toujours été comme ça, mais j'ai fini par apprendre à m'aimer et à vivre heureuse en vivant seule... Bref, une lecture très réconfortante : finalement, je ne suis pas aussi désastreuse sentimentalement que je me l'imagine des fois quand j'ai le blues, il y a 1 milliard de fois pire que moi !

Pour la forme : un livre bien écrit et très bien vulgarisé. Pour le côté hilarant et décapant proposé par la 4è de couverture, je crois que c'est un peu exagéré, même si le livre est émaillé de petites piques cinglantes comme je les aime. Lisez-le, mais ne le lisez pas juste pour vous esclaffer dans votre canapé !

vendredi 18 octobre 2013

Chronique d'une mort annoncée, ou la Chronique d'un coup de foudre littéraire annoncé

L'été de mes 18 ans, je gardais les enfants d'une amie qui avait par le passé fait une licence de lettres. Comme sa plus grande peur n'était visiblement pas que je vende ses enfants sur ebay, mais que je finisse par mourir d'ennui à force de m'occuper d'un 3 ans et demi pendant 10 heures par jour (Mais non ! Il est adorable son gamin), j'avais toute licence pour piocher allègrement dans sa bibliothèque. Le rêve. Un jour que le petit susmentionné voulait regarder Harry Potter pour la 56e fois depuis le début de l'été, et comme j'avais résisté à la tentation de lui mettre le film en VO histoire de ne pas perdre de temps, je suis allée piocher un petit bouquin pour lire en attendant qu'il finisse son film, parce que Gary Oldman et toute la clique commençaient sérieusement à me courir.


Toc, au pif, ce petit livre s'intitule Chronique d'une mort annoncée, de Gabriel Garcia Marquez. A cette époque lointaine, je n'avais pas commencé à étudier l'espagnol et mon monde littéraire s'arrêtait à l'Europe et à l'Amérique du Nord. La Colombie ? Une grosse tache sur la carte, là-bas... La 4e de couverture me dit que l'auteur a eu le Prix Nobel en 1982*. "Intéressant, je crois que je n'ai encore jamais lu de livres écrits par des Prix Nobels." (En général, les auteurs que je lisais à l'époque étaient morts avant que Nobel ne porte des couches-culottes. Mais je m'égare.)

*Prix décerné à l'ensemble de son oeuvre.

Je commence ma lecture et c'est le coup de foudre littéraire. J'adore vraiment. C'est inexplicable, mais c'est comme ça, c'est génial. Depuis, j'ai élargi mes horizons littéraires, lu d'autres livres de El Gabo, son surnom en Colombie, en VO cette fois-ci, et ça me fait toujours cet effet-là, il a rejoint mon Panthéon personnel. Si vous ne connaissez pas, lisez l'Amour au temps du choléra ! Cent ans de solitude est génial aussi, mais un peu plus ardu à lire et pas à la portée de tout le monde.


L'auteur vit toujours, mais il est très malade et atteint de démence, donc il n'écrit plus, malheureusement. Il a 86 ans.

L'histoire
Plusieurs années après l’événement, le narrateur recueille les témoignages et raconte les circonstances du meurtre de Santiago Nasar. La veille du meurtre a lieu le mariage de Bayardo et Angela. Alors que Bayardo ramène Angela dans sa famille, car la jeune femme n'est pas vierge, elle livre à sa famille le nom de son séducteur : Santiago Nasar. Les deux frères d'Angela, les jumeaux Pedro et Pablo, doivent donc venger l'honneur de leur sœur. Ils prennent deux couteaux et s'installent dans la boutique située en face de la maison de Santiago, tout en déclarant à qui veut les entendre leur intention de le tuer, car : « il sait pourquoi ». Mais personne ne les prend au sérieux. Un policier avertit cependant son supérieur qui se contente de confisquer les couteaux sans emprisonner les deux frères, puisqu'on n'arrête personne sur de simples soupçons. Il a l'intention d'avertir Santiago mais oublie de le faire. A l'exception de Santiago et sa mère, beaucoup connaissent les intentions de Pedro et Pablo qui reviennent bientôt avec d'autres couteaux. Pendant ce temps, Santiago et les villageois assistent à l’événement du jour : la venue de l'évêque qui, sur le fleuve, passe devant le village et, sans s'arrêter, leur donne sa bénédiction. (repris sur Wikipedia)

Mon avis
Le livre commence par :
Le jour où il allait être abattu, Santiago Nasar s'était levé à cinq heures et demie du matin pour attendre le bateau sur lequel l'évêque arrivait.
Entre ça et le titre, vous comprendrez que ce qui intéresse l'auteur, ce n'est pas tant le suspense que les événements en eux-mêmes. Et c'est ça qui est bien ! Ce qui aurait pu être un simple thriller (mourra-t-y, mourra-t-y pas ?) devient une étude approfondie sur la réaction des gens face à une catastrophe imminente (et annoncée).
Jusqu'au bout, on se dit que ce n'est pas possible, que quelqu'un va faire quelque chose... mais au fond, c'est ce que se disent tous les personnages, que quelqu'un va faire quelque chose... donc personne ne fait rien. C'est un récit relativement court et très intense qui m'a donné matière à une longue réflexion après sa lecture et m'a laissé un souvenir indélébile, c'est le genre d'histoires qui vous marquent à vie, même après des années.


Une étape de mon tour du monde
Challenge XXe siècle

jeudi 17 octobre 2013

Moi, Christiane F., 13, droguée, prostituée (Wir Kinder von Bahnhof Zoo)

Hier, je vous parlais du défi que j'ai décidé de relever : faire le tour du monde par les livres. Ce défi étant rétroactif, entre les chroniques de mes lectures actuelles, je vous présenterai aussi des livres lus par le passé afin d'étoffer ma liste de pays.

Notre premier arrêt/retour dans le passé : l'Allemagne. Avec toutes mes années d'études de l'allemand et mes séjours là-bas, ce n'était pas les idées qui me manquaient pour ce pays. Pourquoi choisir ce livre entre tous ? C'est une icône, le livre d'une génération qui a provoqué une vraie prise de conscience de la société de l'époque, il a eu un retentissement énorme en Allemagne, mais est universel : il aurait très bien pu se passer en France. Et surtout, il est génial !


C'est une histoire vraie, qui devait être une simple interview d'une jeune ado paumée et est devenue livre. Le livre a été rédigé par deux journalistes, Kai Hermann et Horst Rieck, qui ont recueilli le témoignage de Christiane. Cette Christiane F., F. pour Felscherinow, qui a survécu à toutes ces épreuves et a aujourd'hui la cinquantaine. De fait, je l'ai découvert en faisant des recherches pour cet article, elle a donné il y a très peu de temps une conférence de presse en France, car elle vient de sortir la suite de sa biographie, Christiane F., la vie malgré tout.


Le livre est sorti en 1979, il a été adapté au cinéma en 1981 (je n'ai pas vu le film, je ne sais pas si j'en ai les tripes). Le titre allemand, Wir Kinder von Bahnhof Zoo (Nous, les enfants de Bahnhof Zoo), fait référence à la grande gare de Berlin Ouest où se retrouvaient dealers et drogués.

L'histoire
Dans les années 1970, à l'âge de 11 ans, Christiane débarque à Berlin, dans les quartiers pauvres. Battue par un père alcoolique, de nature rebelle, Christiane n'est que trop heureuse le jour où elle va habiter avec sa mère qui a demandé le divorce. Mais c'est une enfant fragile et influençable. Délaissée par sa mère, elle dispose d'une très grande autonomie. Guidée par ses amis, elle fume ses premiers joints à l'âge de 12 ans à peine, et commence à se gaver de LSD, de haschich et de psychotropes en tout genre. A 13 ans elle se fait son premier fixe d'héroïne. C'est le début de sa descente aux enfers. Complètement dépendante, elle est obligée de se prostituer, comme tous ses amis, pour subvenir à ses besoins de drogue, pour éviter la crise de manque. Peu à peu elle voit tous ses amis crever d'overdose, les uns après les autres, dont sa meilleure amie, Babsi, âgée de 14 ans. Après plusieurs sevrages ratés, Christiane, qui n'a que son amour pour Detlev pour la tenir en vie, manque un suicide. (source)

Mon avis
Oui, ce livre est dur, très dur par moments, surtout vu le jeune âge des protagonistes. Le titre français, très brutal, ne vous cache rien du contenu. Pourtant, le livre tire sa force de l'humanité de son récit, qui ne porte pas de jugement, en tout cas pas sur les enfants qui sont surtout des victimes. La protagoniste principale (vous noterez mon effort surhumain pour ne pas employer le terme héroïne, qui serait un peu malvenu) est vraiment très attachante et cette autobiographie suscite une profonde émotion du début à la fin.

A faire lire à tous les adolescents qui se plaignent de ne pas pouvoir utiliser leur téléphone en cours, ça les fera relativiser un peu la dureté de l'existence !!! Si je me souviens bien, j'ai lu ce livre quand j'étais encore au lycée, soit il y a au moins 6 ans de ça. Je me vois encore en discuter avec ma professeure d'allemand de l'époque, c'est vous dire s'il m'avait marquée ! C'est un gros, gros coup de coeur que je recommande à tous ceux qui ne l'ont pas déjà lu.

Challenge XXe siècle
Une escale de mon tour du monde.


mercredi 16 octobre 2013

Mon dernier ciné : La confrérie des larmes

Encore une petite critique ciné pour vous faire patienter. Les journées à 10-12 heures de boulot sont enfin terminées, donc je vais pouvoir prendre le temps de rédiger les articles que je me suis notés et vous parler de deux challenges choupis !

Hier on m'a dit : viens donc avec nous au ciné, y a un polar français, il paraît qu'il est super. Comme j'aime bien les oxymores et que c'était gratuit, j'y suis allée. Bilan : effectivement, c'était bien. Très très bien même.


L'histoire
À Paris, Gabriel, veuf, la trentaine, élève seul sa fille Juliette. Ancien flic retiré des affaires, l’homme a du mal à joindre les deux bouts. Un jour, une ancienne connaissance lui propose un travail bien rémunéré. S’il accepte le marché, Gabriel doit livrer des mallettes à travers le monde pour des commanditaires anonymes. Les termes du contrat sont clairs : il ne doit poser aucune question sur le contenu des malettes et ne jamais essayer de les ouvrir. Intrigué et persuadé que ce job le fera sortir de son impasse financière, Gabriel se lance dans l’aventure. D'Istanbul à Bruges en passant par la Chine, il saute d’avion privé en avion privé avec sa mystérieuse cargaison. L’argent ne tarde pas à affluer. Gabriel est un homme pressé certes, mais riche. Si sa fille se plaint de ce père désormais absent, il ne peut enrayer une machine qui l’étouffe de plus en plus.

Mon avis
Avis aux amateurs d'histoire à la Grangé-Chattam, on est en plein dedans. On se prend rapidement au jeu (mais qu'y a-t-il dans cette fichue malette ?). La deuxième partie du film est une enquête policière : avec une jeune recrue, Gabriel remonte la trace de ses mystérieux employeurs. Le suspense est maintenu jusqu'au bout, avec son dénouement à la Grangé, on n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer, pas de temps morts.
Je crois que je n'avais pas vu Jérémy Renier depuis l'Enfant et il a bien changé le petit ! Mais il joue toujours aussi bien...

J'ai regardé après-coup les critiques, qui étaient en fait très mauvaises pour ce film. Je ne suis pas d'accord avec. Certes, ce n'est pas un film politique qui dénonce des trucs en nous tirant des torrents de larmes, mais il faut un peu de tout, je pense, et c'est un bon moyen de passer une super soirée.


lundi 14 octobre 2013

The Chimera Vector - Nathan M. Farrugia

Le livre présenté aujourd'hui s'adresse surtout aux lectrices parlant anglais, puisque je crois qu'il n'a pas été traduit jusqu'à présent. Plusieurs premières :
  1. Premier livre lu avec une liseuse électronique, comme quoi, tout a un début, qui l'eut cru ??? Et j'ai survécu.
  2. Première fois qu'un auteur (ou son staff, c'est pareil, rabat-joie) me contacte pour me proposer de lire son livre et me l'envoie. Le début de ma carrière de blogueuse, c'est bien la première fois qu'on m'offre quelque chose !
  3. C'est le premier tome d'une trilogie. La trilogie The Fifth Column (La cinquième colonne). 

Il y a quelques mois, donc, l'auteur me contactait via Goodreads parce que j'avais adoré les livres d'un autre auteur publié par la même maison d'édition, Matthew Reilly (dont il faut à tout prix que je vous parle !) et m'envoyait ce livre par ebook. Comme je suis très rapide à la détente, c'est seulement maintenant que je me suis procuré une liseuse, mais ça, j'en ai déjà parlé. D'ailleurs, je dois dire que la liseuse avait un côté très pratique : son dictionnaire intégré très fourni et complet. Je lis très souvent en VO, mais j'ai abandonné depuis longtemps la lecture avec le dico papier à côté, c'est très pénible, donc j'ai appris à deviner ou laisser tomber les mots que je ne connaissais pas. Là, j'ai pu regarder les mots les plus importants, c'est un vrai plus.

L'auteur
Nathan Farrugia est australien, c'est un ancien militaire (on le remarque dans le livre à la précision des descriptions de combats - et à leur nombre, d'ailleurs), il est très touche-à-tout et pratique les arts martiaux et boit du thé (j'aime les présentations d'auteurs précises, pas vous ?).


L'histoire
La Cinquième colonne est une organisation internationale et secrète qui gouverne le monde en sous-main, notamment en orchestrant des attaques terroristes de toutes pièces pour contrôler les masses par la peur. Sophia, l'héroïne, fait partie de la troupe d'élite formée par cette organisation, elle a été recrutée et formée depuis l'enfance, elle est programmée pour exécuter les ordres et tuer, ses sens ont été augmentés et son conscient divisé en plusieurs parties que ses chefs peuvent commander à loisir. Mais un jour, des bugs apparaissent dans sa programmation et elle est recrutée par l'Akhana, le réseau de résistance, pour détruire la Cinquième colonne en volant le vecteur Chimère, séquence ADN censée anéantir l'espèce des psychopathes, sorte d'évolution de l'être humain, qui gouvernent la Cinquième colonne.

Mon avis
Un bon thriller, qu'on lit très vite parce qu'il est plein de scènes d'actions (Je finis juste mon chapitre. Zut, c'est un cliffhanger, je suis obligée de lire le chapitre suivant... etc., etc.). J'ai beaucoup aimé le côté thriller scientifique, d'ailleurs j'aurais aimé qu'il prenne plus de place dans le livre (je dois lire trop de roman de Crichton) et aussi la théorie comme quoi les gouvernements en place ne sont que des marionnettes. Bon point : c'est le premier tome d'une trilogie, il laisse la porte ouverte à d'autres événements, mais on peut aussi lire le roman comme une histoire entière. Je déteste les trilogies qui vous laissent plantés là au milieu de l'histoire, "rendez-vous au prochain épisode" !

Une étape de mon tour du monde

vendredi 11 octobre 2013

Et ouais, j'ai testé une liseuse électronique (et je vous dis tout, tout, tout)

Depuis que j'ai entendu parler de cette invention, je passe pour une vieille réfractaire à la technologie en criant que c'est l'antéchrist et que ça détruit le plaisir de la lecture. Ce qui est bien beau, mais ce n'est pas dans mes habitudes de juger sans essayer (j'ai même lu Twilight pour gagner le droit de clamer haut et fort que c'était un torchon, mal traduit de surcroît, c'est vous dire).

Si, si, c'est bien moi.
Essayer, OK, débourser 100 euros pour essayer, oui, mais non, je préfère acheter 10 bouquins pour ce prix. En plus, je suis allergique au tactile et aux tablettes, il me faut un clavier et une souris. Point. Ca, c'était mon discours jusqu'au mois dernier, quand un jeune auteur m'a envoyé l'e-book de son roman pour que je le lise, et que j'ai bien été incapable de le lire sur mon ordinateur. Trop désagréable. Ni une ni deux, je me lance dans le trafic international de Kindle et m'en fais prêter une par la blogueuse suisse Je sors toute seule. Voici donc mon avis de vieille réfractaire à lunettes de même pas 25 ans.

Première heure : déballage, prise en main et tentative de synchroniser mon epub sur la Kindle (Paperwhite, la dernière qui vient de sortir cette semaine, mon dieu, mais je suis à la POINTE de la technologie...). J'ai lutté pour ne pas balancer la chose par la fenêtre ! La prise en main était atroce, la notice sur la Kindle, pas sur papier, ce qui est monstrueusement pratique quand on essaye de se servir d'un truc pour la première fois. Qui dans cette salle lit les notices de A à Z ? (Mal conçue, en plus, la notice, je trouve.) Je suis allée récupérer la notice sur internet pour la lire sur mon ordinateur... Logique.

L'accessoire CAPITAL qui manque à la Kindle !
En plus, j'avais l'impression à lire ladite notice qu'on ne pouvait que récupérer des ebooks depuis la boutique en ligne. Ce qui est bien mignon, mais je m'en fichais un petit peu puisque j'avais déjà tout sur mon ordi. DEUX lignes noyées dans la masse des 200 pages expliquent comment synchroniser un ebook à partir d'un ordinateur. Oui, mais... ça ne marche pas !!! Heureusement que je suis dégourdie (on ne pouffe pas, là-bas au fond), je suis donc allée faire des recherches pour me rendre compte que les Kindle ne prennent en charge qu'UNE extension, .MOBI. Hop, nouvelle recherche pour trouver un convertisseur. C'est bien beau que je sois spécialisée en recherche Google, mais ce n'est pas ma grand-mère qui aurait fait ça, je vous le dis, elle serait déjà allée renouveler son abonnement à la bibliothèque municipale... Public cible restreint, donc (ou assisté).

Bilan : une heure pour pouvoir afficher mon roman sur la Kindle. Ca démarre mal. Heureusement, une fois que c'est fait et qu'on a compris comment naviguer dans le livre, ça roule.

Dans le détail :


J'aime 
  • La liseuse se rappelle où on s'est arrêté, pas de pages cornées ou de marque-page qui se casse la figure.
  • Huit semaines d'autonomie (qu'ils disent), c'est une marge de batterie très confortable.
  • Le confort de lecture est certain (c'est une archi-myope qui vous parle), le rétro-éclairage est réglable, la lecture agréable, j'ai lu deux heures d'affilée sans me sentir plus fatiguée qu'avec un livre.
  • La taille des caractères est réglable. Moi, ça m'est égal, mais je sais que certains préfèrent les gros caractères.
  • On n'a pas besoin de tenir la liseuse pour qu'elle reste ouverte à la bonne page. Très pratique, par rapport à un poche notamment, pour les multitâches comme moi qui adorent siroter leur thé en lisant (voir les points négatifs).
  • Grand espace de stockage, on peut s'abonner à des journeaux et des blogs aussi (je n'ai pas testé cet aspect, mais je pense que ça peut être un des atouts de l'appareil).
  • Elle est légère (ceux qui ont lu le Seigneur des Anneaux en un seul tome savent que lire peut s'apparenter à un exercice de musculation).
  • Fini les poches mal reliés dont les pages se sauvent à mi-lecture.
  • Pratique pour lire en VO quand la bibliothèque du coin n'a pas grand-chose à proposer, surtout que la Kindle inclut un dictionnaire.
  • Le tactile marche bien, les zones de réception sont larges, pas besoin d'appuyer comme un boeuf ou avec la micro-pointe d'un stylet (si vous aviez vu mon téléphone, vous comprendriez). 
J'aime pas
  • Ca ne résout pas le problème dit du sac de piscine, ni celui de son cousin le sac de plage. Pour ça, rien ne vaut un bon poche fatigué. Idem quand on mange ou boit en lisant, attention.
  • La prise en main atroce.
  • C'est pénible de circuler dans le livre : pour lire la notice, j'ai clairement pété un câble. C'est bien quand on lit les livres de A à Z.
  • Trop marketing : la boutique, la boutique, la boutique, on pousse à la consommation, on vous dit qu'il y a la place pour 40 000 bouquins... Même ma PAL n'est pas aussi grande, on lit un seul livre à la fois (voire deux) (ok, trois), on se calme les enfants !
  • Les statistiques : on ne voit pas le nombre de pages défiler, seulement un pourcentage (qui me rappelle furieusement mon logiciel de traduction et quand je lis, je n'ai PAS besoin qu'on me rappelle le boulot) et une estimation du temps restant dans le livre. Estimation qui m'a l'air tirée d'on ne sait où, donc ça n'avance pas beaucoup. J'aimerais mieux savoir qu'il me reste 247 pages à lire, plutôt que 65 %.
  • A certains moments, quand le livre contenait des tableaux, les bords étaient tronqués...
  • Je trouve ça "fragile". Quand je lis, prendre soin du livre n'est pas une priorité, c'est quelque chose qui empêche de se détacher de son environnement. La mettre dans le sac à main ??? Ca me ferait peur. Lire dans le bain ?? Euhhhh.
  • Je ne me vois pas lire ma liseuse dans le métro ou le bus, je trouve qu'un pavé de Dostoïevski, ça pousse étrangement moins au crime (que celui qui a dit "et au châtiment" sorte).
  • Le détail qui tue : quand on chasse la petite poussière sur l'écran... ça tourne la page. C'est con, mais ça m'énerve !
  • Evidemment, on ne retrouve pas la sensation du livre. Vous savez, celle que personne n'arrive à décrire, mais dont tous les lecteurs voient très bien ce que c'est.

En gros, c'est très sympa, c'est vrai. C'est un bon moyen d'alterner, de temps en temps, mais ça ne remplacera pas un bouquin. Je ne suis plus archi-réfractaire, je finirai sûrement par me laisser convaincre, mais je ne vais pas courir dans un magasin en acheter une, ni abandonner ma bibliothèque chérie sur place.

Sur ce, je vous laisse méditer cette belle réponse de Normand.

mercredi 9 octobre 2013

Le chat vide son sac # 2

Petit rythme de blogging en ce moment, même si ce ne sont pas les choses à dire qui manquent, donc pour vous faire patienter un peu le temps que j'écrive les prochaines chroniques, Morzine le chien, fidèle acolyte du chat, vient vous présenter ma dernière commande, exceptionnellement réalisée sur le net pour avoir des livres que je ne trouvais pas dans ma librairounette locale. Je dis exceptionnellement parce que je préfère mille fois choisir mes livres en les ayant en main. Petites manies de petite vieille de même pas 25 ans !


C'est d'ailleurs avec cette commande que j'en ai reçue une qui ne m'était pas destinée : avis à la Fnac, si vous ne vous dépêchez pas de la récupérer, cette commande, elle m'embarrasse et je ne vais pas traîner à faire un jeu concours spécial jeunes mamans avec. Mais revenons à nos montons.
  • Deux livres de Ken Follett, en VO, parce qu'il n'y a que ça de vrai : Winter of the World, la suite de la Chute des géants, que je veux lire depuis environ 1 an, mais que je ne trouve nulle part en anglais. C'est chose faite. Oui, c'est un pavé, mais un pavé follettien. Et Paper money, également de Ken Follett, car si vous ne l'aviez pas encore compris, Ken Follett, c'est mon dieu à moi !
  • Trois livre d'un autre auteur, pas de fictions cette fois-ci, mais d'ouvrages historiques : Simone Bertière. J'ai découvert cette historienne dans les documentaires et émissions de Franck Ferrand (L'ombre d'un doute et Au coeur de l'histoire, que je vous recommande chaudement, YouTube est votre ami), c'est une petite mamie adorable, drôle et gaillarde, un vrai rayon de soleil. J'ai donc eu envie de la lire, et pas seulement de l'écouter. J'ai donc choisi trois livres : La vie du Cardinal de Retz, Mazarin le maître du jeu et Dumas et les mousquetaires (parce que Dumas, c'est mon autre dieu à moi, vous verrez). Certes, c'est plus sérieux que des romans, mais de temps en temps, j'aime bien !
En avez-vous déjà lu ?

mardi 8 octobre 2013

Challenge Stefan Zweig de Métaphore #1 - Amok et Lettre d'une inconnue

Quand j'ai publié mon article sur le recueil de Stefan Zweig, Mazel m'a gentiment parlé du challenge de Métaphore. D'abord, il faut que je vous explique un truc. Avant d'ouvrir ce blog, j'avais déjà un blog de cuisine et c'est en regardant le challenge de Métaphore que je me suis rendu compte d'une différence de taille entre le monde des blogs littéraires et des autres : ici, rien à gagner, pas de compétition, juste le plaisir de participer et de discuter entre nous ? Mais c'est merveilleux ! J'aime beaucoup cette mentalité !


J'ai donc décidé de participer au challenge et j'ai choisi quelques nouvelles de mon recueil que je n'avais pas encore lues ! Je me suis inscrite dans la catégorie Le joueur d'échecs et je dois donc présenter 4 nouvelles. Je ne vous redis pas combien j'adore Stefan Zweig, j'ai déjà fait ma groupie il n'y a pas longtemps, et si vous ne connaissez pas, foncez !


Commençons aujourd'hui avec les deux premières nouvelles :

Amok ou le fou de Malaisie
Un amok, en malais, c'est "de la folie, une sorte de rage humaine... une crise de monomanie meurtrière et insensée, à laquelle aucune intoxication alcoolique ne peut se comparer."

Cette nouvelle, c'est une histoire tragique, relatée dans l'obscurité propice d'un bateau revenant d'Asie, le témoignage touchant d'un coup de folie amoureuse.

J'ai été fascinée par cette histoire, assez courte et j'allais dire heureusement, car une fois commencée, j'ai dû la lire d'un seul trait. Elle est condensée et tragique. Comme souvent dans les histoires de Zweig, le laps de temps de l'action est très réduit, c'est sans doute pour cela que c'est si dur de refermer le livre au milieu.

Lettre d'une inconnue
Le jour de son anniversaire, un romancier reçoit une lettre d'une femme inconnue qui, au chevet de son enfant malade, lui raconte qu'elle l'a toujours aimée et que lui, l'a toujours oubliée...

Cette lecture a laissé en moi un sentiment ambivalent. D'un côté, je me disais que cette femme était bien bête d'avoir voué sa vie à un homme si égoïste. Et puis à la réflexion, je me suis dit qu'on a toutes notre façon de vivre nos passions... Cette courte histoire, autre confession faite à la dérobée, mélange de détresse, de colère et d'amour, est très tragique, comme les réactions de l'écrivain : combien d'hommes sont passés ainsi à côté d'une grande histoire parce qu'ils étaient trop absorbés par leurs plaisirs quotidiens ?

A bientôt pour les deux prochaines !

Lettre d'une inconnue participe à deux autres challenges :


Une étape de mon tour du monde
Challenge XXe siècle

lundi 7 octobre 2013

Cloud Atlas - un film à voir

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui, je veux vous parler d'un film que j'ai vu cette semaine et qui, je pense, vaut le détour. Autant le dire tout de suite, je pense qu'il faut le voir (au moins) deux fois pour bien le comprendre, car l'intrigue est très complexe : une fois pour le découvrir et une fois pour le comprendre en ayant les clés. Ce n'est pas le genre de film qu'on regarde en faisant ses mots-croisés tout en surveillant les devoirs du petit... (je dis ça car je suis pratiquement incapable en temps normal de ne rien faire d'autre en regardant la télévision...)


Complexe, oui, mais pas prise de tête. Ce film est à voir pour son originalité, d'abord. 6 histoires s'entremêlent, qui se passent à des époques totalement différentes (de l'esclavage aux Etats-Unis à un futur huxleyien en 2200) et n'ont en apparence rien à voir les unes avec les autres... le lien se tisse à la fin.

Le film est réalisé par les frères Wachowski et Tom Tykwer (le Parfum). ll est bourré de références cinématographiques et littéraires plus ou moins cachées (comme tout le reste dans ce film), au pif :
  • Matrix
  • Le Soleil vert
  • Le meilleur des mondes
  • Vol au-dessus d'un nid de coucou
  • ...j'en passe et des meilleures

Originalité supplémentaire : le film fait appel à une dizaine d'acteurs principaux qui interviennent dans les 6 histoires, dans des rôles complètement différents. Ils sont tellement bien grimés qu'ils sont parfois méconnaissables, seuls leurs yeux ou le mouvement de leur bouche les trahit ! Certains hommes jouent même des femmes, et vice-versa ! Le jeu est de les reconnaître tout au long du film et pour cela, il faut regarder partout ! Même en le sachant et en faisant très attention, certains nous échappent quand même.

Spoiler alert : ne pas regarder le graphique si on veut se garder la surprise...


Mention spéciale donc aux acteurs et aux maquilleurs, mais tout dans ce film est d'une qualité constante : malgré la longueur, il n'est ni long ni ennuyeux, il ne s'essouffle pas...

Ce film est adapté d'un roman de David Mitchell, Cartographie des nuages, et j'ai furieusement envie de voir ce que ça peut donner. D'après ce que j'ai pu lire, il va beaucoup plus loin que le film, est plus philosophique, et je pense que c'est un bon moyen d'aller au bout de l'histoire.
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