lundi 30 septembre 2013

A year in the merde - God save la France

Aujourd'hui, je vais vous parler d'un livre qui revêt une importance particulière pour moi, puisque c'est celui sur lequel j'ai basé mon mémoire de master. Le thême : la traduction de l'humour dans les romans. Autant vous dire qu'avec Stephen Clarke, j'étais servie ! En gros, j'ai regardé comment le traducteur français avait adapté l'humour en français. Lire le même livre en deux langues ? Quand on aime, on ne compte pas. (Je vous le conseille quand même en anglais, si vous le pouvez, c'est la version la plus drôle.)


L'auteur
Stephen Clarke est né en 1958 en Angleterre, il est journaliste et écrivain. Il s’est installé à Paris au début des années 1990 et a écrit plusieurs ouvrages humoristiques sur la France et les Français, dont A Year in the Merde (paru en français sous le titre God save la France). À l’origine, l’ouvrage n’a été tiré qu’à 200 exemplaires à compte d'auteur, avant d’être découvert par une maison d’édition qui a décidé de le publier. À l’heure actuelle, il a été traduit en 17 langues.

Personnellement, je vous recommande aussi 1000 years of annoying the French, 1000 ans de mésentente cordiale en français, qui est génial aussi et qui revisite l'histoire de nos deux pays. A la base, je voulais faire mon mémoire sur ce livre-ci, mais à l'époque, il n'avait pas encore été traduit.


L'histoire
Ce livre raconte les aventures d'un jeune Anglais fraîchement débarqué à Paris. Et c'est partie pour un enchaînement de chocs culturels et d'incompréhensions en tous genres. L'auteur découvre la bureaucratie, les Françaises, apprend à connaître son patron et le fonctionnement de son entreprise, les grêves, la nourriture, et j'en passe et des meilleures.

Mon avis
C'est vraiment hilarant, on peut dire que j'avais bien choisi mon sujet. C'est écrit pour les British et il faut le garder à l'esprit, sous peine de grincer furieusement des dents si on a trop la fibre franco-patriotique. Stephen Clark adore les Français, et qui aime bien, châtie bien. L'auteur enchaîne les stéréotypes, clichés et jeux de mots, mais ce n'est pas lourd et il y a une vraie histoire derrière.


Si jamais par accident, quelqu'un avait une PAL complètement vide et voulait jeter un oeil à mon oeuvre, je l'envoie volontiers sur simple demande par email à chatdebibliotheques@gmail.com...

samedi 28 septembre 2013

Oscar Wilde et le mystère de Reading - Gyles Brandreth

Je vous ai parlé de ce livre dans ma rubrique Le chat vide son sac, et je n'ai pas résisté longtemps à la tentation (en même temps, résister à la tentation de lire un livre qui parle d'Oscar Wilde, ça aurait été trop bête!) de découvrir ce roman. Petit rappel : il fait partie d'une série d'intrigues (fictives) qui mettent en scène Oscar Wilde en s'inspirant de sa vie. Il y a donc deux lectures : d'une, on découvre une partie de la vie d'Oscar Wilde, de l'autre, on peut lire une intrigue policière. 


L'intrigue
Cette intrigue raconte le séjour d'Oscar Wilde en prison suite à sa condamnation pour atteinte à la pudeur (c'est qu'à l'époque, on ne rigolait pas !). Tout est donc très sombre, car à l'époque, dans les prisons anglaises, ça filait doux. Les conditions y sont très rudes. Quand plusieurs morts étranges surviennent, dont on ne sait pas si ce sont des meurtres, où si elles sont accidentelles, les dignitaires de la prison mettent à profit le génie de Wilde pour résoudre l'affaire le plus discrètement possible. Ce qu'il fait, sans mettre le nez hors de sa cellule, simplement en posant les bonnes questions et en observant, comme le lui a appris son ami Sir Arthur Conan Doyle.

Le lieu
Le mot "Reading" dans le titre désigne la prison de Reading Gaol, en Angleterre, qui existe encore de nos jours. On y appliquait à l'époque de Wilde les travaux forcés (casser des cailloux, trier de l'étoupe...) et le système séparé : toute communication était interdite, les prisonniers portaient une cagoule en permanence et étaient appelé par leur matricule, ce qui fait qu'on ne connaissait pas ses propres voisins de cellule.


Après son séjour en prison, Wilde ne sera plus jamais le même, il n'écrira presque plus et mourra 3 ans après sa sortie d'une méningite. Il publiera quand même son récit dans la Ballade de la geôle de Reading en 1897, qui est restée très célèbre :
Jamais je n’ai vu un homme scruter
Avec des yeux aussi pensifs
Ce petit pan de tente bleue, là-haut,
Que les prisonniers nomment ciel,
Et chaque nuage errant qui glissait
Avec sa voilure d’argent.
(...)

Et nous tuons, tous, ce que nous aimons
- Que cette phrase en nous se grave :
Les uns le tuent avec un dur regard,
D'autres avec des mots suaves
C'est avec un baiser que tue le lâche,
Avec l'épée que tue le brave !


Mon avis sur le roman 
Un livre très intéressant qui m'a permis de mieux connaître le personnage d'Oscar Wilde. Par exemple : saviez-vous qu'il aurait servi à Conan Doyle de modèle pour le frère de Sherlock Holmes ? J'adore ses textes et sa plume acerbe, mais au fond, je ne connaissais presque rien de l'homme. J'ai beaucoup aimé cette façon de mettre en scène un personnage fictif : l'auteur s'est beaucoup inspiré de la réalité pour écrire son roman. Il ne faut pas compter sur l'intrigue policière pour vous tenir en haleine jusqu'au bout de la nuit, ce n'est qu'une petite partie du roman, on est plutôt pendu aux lèvres d'Oscar Wilde qui raconte son séjour à la première personne. Je l'ai dévoré en peu de temps, car j'ai passé ces derniers jours à attendre un train, un bus, un rendez-vous... L'attente en est même devenue agréable !!


vendredi 27 septembre 2013

Le dieu de New York - Lindsay Faye

Le livre d'aujourd'hui est d'un genre que j'aime beaucoup : le roman policier d'époque. Je ne lis pratiquement jamais de romans policiers se passant de nos jours, je préfère les regarder à la télévision : j'ai l'impression qu'ils se ressemblent tous, ils sont tirés par les cheveux, donc c'est impossible de deviner le coupable (sérieusement, vous avez déjà réussi à trouver le criminel avant Hercule Poirot ?), c'est rare qu'ils me marquent et j'oublie en général l'intrigue aussi vite que je l'ai terminée, donc c'est peu intéressant. En revanche, les romans d'époque, même écrits de nos jours, nous apprennent des choses nouvelles, donc je trouve leur lecture plus enrichissante.


L'histoire
L'intrigue se passe en 1845 à New York et raconte la première année de la création de la police new-yorkaise, le NYPD actuel. Si vous avez vu le film Gangs of New York, c'est le même lieu, la même époque et la même ambiance : un afflux constant d'émigrants irlandais, la pauvreté crasse, les magouilles, les émeutes et les querelles incessantes entre protestants et catholiques. Voilà pour le décor. Notre héros est donc un policier, Timothy, recruté bien malgré lui par son frère, homme du parti démocrate et son unique famille, après que son ancien travail a été détruit dans un incendie. Timothy est réticent, pourtant, il devient très vite un enquêteur hors pair grâce à ses talents d'observateur, et il est chargé d'enquêter en secret sur un serial killer qui s'attaque à des enfants. Il est aidé en cela par un pédiatre qui voudrait sauver tous les enfants malades, un prêtre catholique, une petite fille témoin de l'un des meurtres, le révérend Underhill et sa fille, dont il est amoureux. 

Image tirée de Gangs of New York
Mon avis
Un excellent thriller très riche de détails historiques. On voit que l'implantation de cette police à New York n'a vraiment pas été facile et qu'elle a mis du temps à s'imposer. Le dénouement de l'intrigue est très surprenant. Je pensais tenir le coupable depuis la moitié du roman : eh bien oui, mais non ! Le gros plus du roman, c'est l'argot, dont il foisonne ! A l'époque, il avait été inventé pour permettre notamment aux trafiquants de se comprendre sans être compris du reste de la population et des autorités. On trouve un lexique à la fin du livre, et c'est impressionnant de voir le nombre de termes que l'on pense modernes et qui viennent en fait de l'argot du XIXe. Chapeau à la traductrice qui a su garder cette note en adaptant le roman avec l'argot français. Je ne résiste pas à vous en mettre un extrait, c'est tellement amusant (et on s'y fait vite, ça n'est aucunement un frein à la lecture) :

- Vous voulez que je débride l'esgourde ? Ben, je m'en va vous en coller une (...). Dès potron-jaquet, on s'apprêtait à aller chercher nos babillards, quand Miss Underhill s'est radinée avec du jus de vache qu'on s'est fait le partage.
- Ainsi donc, vous alliez partir acheter vos journeaux du matin quand Miss Underhill vous a apporté du lait qu vous vous êtes partagés. Que s'est-il passé ensuite ?
(...)
- Ben alors, Miss Underhill nous a demandé de cafter si on avait loché que des mômes s'étaient fait escarper, pis qu'on leur avait charcuté le rebouis, avant de les foutre au champ de tabac. (...)
- Vous... vous leur avez demandé s'ils savaient que des enfants avaient été tués et découpés avant d'être enterrés ?
Un livre épastrouillant !

Paradie Square, dont on parle dans le livre - Image tirée de Gangs of New York
Avec ce livre, je participe au challenge XIXe siècle de Netherfield Park

Challenge XIXe siècle

jeudi 26 septembre 2013

Petit traité de l'abandon - Alexandre Jollien

Il faut que je vous parle de cet auteur suisse, philosophe. La philosophie, en général, comme le commun des mortels, j'ai un peu de mal à digérer. Oui, mais là, c'est différent ! Le Petit traité de l'abandon est un incontournable que je vous recommande chaudement.


Si je devais définir ce livre en un seul mot : apaisant. L'auteur porte un regard très détendu sur la vie, notamment vis-à-vis de ce qu'on ne peut changer. Le sous-titre l'atteste : Pensées pour accueillir la vie telle qu'elle se propose.
Qu'est-ce que je peux faire pour me protéger de la vie ? Absolument rien.
Le livre se compose de plusieurs petits thème sous forme de chapitres, qui ont pour but de nous faire relativiser les événements et prendre la vie du bon côté. En ces périodes un peu sombres, c'est une bouffée d'optimisme nécessaire ! Ces chapitres parlent de l'amitié, de l'amour, l'humilité, la peur, le rire...

La citation leitmotiv du livre, que l'auteur adapte "à toutes les sauces" :
Le bouddha n'est pas le bouddha, c'est pourquoi je l'appelle le bouddha. (Soutra du diamant)
 En gros, cela veut dire qu'il faut arrêter de mettre des étiquettes sur les gens : on n'est pas sa fonction, ni un trait de caractère, ni une seule chose à la fois, mais bien un être aux multiples facettes.

Le livre traite aussi de la méditation et du dépouillement, et de ce que cela peut nous apporter (même si moi, perso, la méditation, je n'y arrive vraiment pas).

Mon avis
Je suis tombée complètement sous le charme ! L'auteur a un style très particulier : comme il dicte, le ton est très simple, voire enfantin par moments. Le livre comprend aussi un CD avec les chapitres lus par l'auteur, pour ceux qui aiment les livres audios. En gros : de la philo, oui, des paragraphes obscures et compliqués, non. C'est pour ça que cet auteur plait tant, je pense. Il n'est pas dans sa tour d'ivoire à donner des leçons de morale. C'est un humain parmi tant d'autres qui ne se prend pas au sérieux.

L'auteur
Pour ceux qui ne le connaissent pas, il est handicapé depuis la naissance et a grandi dans une institution, ce qu'il raconte dans son livre Eloge de la faiblesse, poignant récit. Alors qu'il aurait pu devenir hargneux face à l'adversité, il a au contraire su développer une profonde sagesse, qu'il tire notamment du bouddhisme. Je l'ai découvert dans l'émission la Parenthèse attendue (hasard complet, c'est le seul épisode de cette émission que j'ai jamais regardé !). Je le vous conseille vivement, si vous ne l'avez pas déjà vu.


Une étape de mon tour du monde

mercredi 25 septembre 2013

La mort s'invite à Pemberley

N'avez-vous jamais eu envie, après avoir terminé un livre (ou un film) de savoir ce qui est arrivé aux personnages après la dernière page ? Vous en rêviez, P.D. James l'a fait !

Les fans de Jane Austen auront reconnu dans le titre l'allusion à Orgueil et Préjugés : Pemberley est le nom du domaine de M. Darcy dans le livre et, on peut dire, un personnage à part entière. L'auteure situe l'intrigue environ 5 ans après la fin du livre et l'on voit donc Elizabeth entourée de sa nouvelle famille.


Pour ceux qui n'ont pas lu Orgueil et Préjugés (mais qu'attendez-vous ?), l'auteur a aussi pensé à vous et résume rapidement le livre dans son prologue de 15 pages, juste ce qu'il faut savoir pour bien comprendre l'intrigue.

Quatrième de couverture
Rien ne semble devoir troubler l'existence ordonnée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, ni perturber le bonheur d’Elizabeth, la maîtresse des lieux. Elle est la mère de deux charmants bambins et Jane, sa sœur préférée, habite tout près. Cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d'automne, un drame contraint les Darcy à recevoir la plus jeune sœur d'Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendus indésirables à Pemberley. Avec eux s'invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes. 
Mon avis
Je ne connais pratiquement pas P.D. James, je crois que j'ai seulement lu Les fils de l'homme (dont je garde un très mauvais souvenir), donc j'ai ouvert ce livre avec pas mal d'appréhension. Quelle agréable surprise ! Ce "spin off" fait honneur à Orgueil et Préjugés, c'est étrange de retrouver les personnages dans un contexte très différent, mais très agréable. J'ai beaucoup aimé cette enquête policière originale qui se lit toute seule. 

Pemberley dans la mini-série (juste une petite bicoque)

Le conseil en plus
Pour ceux (celles) qui ne l'ont pas encore vue, je ne saurais trop vous recommander de regarder la mini-série de la BBC en 6 épisodes. Pour le coup, c'est une excellente adaptation du roman, qui ne le trahit aucunement (oubliez le film de Joe Wright... non, vraiment).

Je n'ai pas résisté...

Une étape de mon tour du monde

mardi 24 septembre 2013

Le cimetière de Prague - Umberto Eco

Il y a quelques mois, quand je lisais ce livre, j'en ai parlé à un prof de français qui m'a dit "ah tiens, je ne savais pas qu'on pouvait lire Umberto Eco pour le plaisir..." Euh, et bien, ma foi si !

Quand je lis un livre d'Umberto Eco (n'allez pas croire que j'en lis tous les deux jours non plus, hein, jusqu'à présent, à part celui-ci, j'ai lu le Nom de la Rose et Le pendule de Foucault), je sais que je ne vais pas tout comprendre, mais que je vais apprendre des tonnes de trucs et au final, j'aime beaucoup (vous ne vous figurez pas la satisfaction que c'est d'arriver au bout d'un de ses pavés !).


Contrairement à ce que je pensais, l'histoire ne se passe pas à Prague. Raté ! (Manie chez moi, je ne lis pas les résumés, j'ai un sixième sens qui décide arbitrairement si ça va le faire ou pas, mais sans lire le résumé. Je suis bizarre, je sais.)

Résumé
De Turin à Paris, en passant par Palerme, nous croisons une sataniste hystérique, un abbé qui meurt deux fois, quelques cadavres abandonnés dans un égout parisien. Nous assistons à la naissance de l'affaire Dreyfus et à la création de l'évangile antisémite, Les Protocoles des sages de Sion. Nous rencontrons aussi des jésuites complotant contre les francs-maçons, des carbonari étranglant les prêtres avec leurs boyaux. Nous découvrons les conspirations des renseignements piémontais, français, prussien et russe, les massacres dans le Paris de la Commune où l'on se nourrit d'illusions et de rats, les coups de poignard, les repaires de criminels noyés dans les vapeurs d'absinthe, les barbes postiches, les faux notaires, les testaments mensongers, les confraternités diaboliques et les messes noires... (source)
Vous en apprendrez donc long sur l'unification de l'Italie et autres événements qui se sont produits à la même époque. Le livre est paru en 2010, mais l'intrigue se déroule de 1865 à 1897. Elle se présente sous forme de carnets écrits par le personnage principal, Simon Simonini.


Mon avis
J'ai adoré ce livre, et principalement parce qu'il est franchement politiquement incorrect. Le héros est formidable : c'est je pense le héros le plus détestable depuis l'invention de l'écriture. On ne sait pas trop si il est schizophrène ou non, il n'aime PERSONNE, il est complètement raciste et antisémite, italo-français, mais il n'aime ni les Italiens, ni les Français (ni les Allemands, ni les Autrichiens, ni... la liste est longue). C'est un espion-escroc-faussaire qui trempe son nez dans toutes les affaires de son temps. Tellement excessif que ça m'a fait rire.

J'ai tendance à trouver que les romans sont de plus en plus policés et font bien attention à ne choquer personne, pour le coup, ça fait un bien fou. Âmes sensibles s'abstenir, mais je le recommande pour ce côté complètement décalé.

lundi 23 septembre 2013

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes - un pur bijou !

Le livre du jour a été pour moi un véritable coup de coeur, comme on en rencontre peu souvent, le genre qui vous fait verser votre petite larme, peu importe que vous soyez au milieu d'un bus bondé (à force, mes compagnons de voyage doivent me prendre pour une folle). C'est aussi le livre que, à peine terminé, on va prêter à tout le monde en les tannant pour qu'ils le lisent parce que vraiment, passer à côté serait tellement dommage !


Allez, je vous le dis ou pas ?? Tout à fait entre nous, j'ai ADORE ce livre !

A l'origine, c'était une nouvelle, publiée en 1959. Ensuite, l'auteur l'a considérablement étoffée et la nouvelle est devenue roman en 1966. J'ai lu les deux et je vous conseille le roman, beaucoup plus émouvant.

L'histoire
Algernon est une... souris. Et oui, désolée pour ceux qui cherchaient un roman à l'eau de rose, ce n'est pas tout à fait ça. C'est une souris de laboratoire, plus précisément. Le personnage principal de l'histoire est Charles, un homme attardé de 32 ans à qui on donne un traitement qui doit le rendre intelligent : le même traitement qui a auparavant été testé sur Algernon. Charles connait des progrès fulgurants, devient extrêmement surdoué, bien plus intelligent que les médecins en charge de l'expérience, puis un jour, comme Algernon, ses progrès commencent à décliner...


L'auteur
Daniel Keyes est américain, il a d'abord travaillé dans la marine marchande avant de devenir psychologue et professeur d'anglais et de littérature. Il est né en 1927

Mon avis
Ce livre n'est plus tout jeune, mais son succès ne se dément pas, et pour cause : il est universel. A l'époque, cela relevait de la pure science-fiction, mais de nos jours, ça pourrait être envisageable... En lisant ce livre, on peut alors se poser la question : faut-il seulement l'envisager ? L'histoire se lit certes un peu pour l'intrigue elle-même, mais pas seulement. Elle incite énormément à la réflexion sur ce qu'est l'intelligence et ce que sa présence, son excès ou son absence impliquent. Le livre se présente sous la forme de comptes-rendus écrits par Charles. Au début, on croirait lire la copie d'un enfant de 6 ans, puis on sent petit à petit les progrès. J'ai adoré cette façon de transcrire l'intelligence du personnage, en adaptant son niveau de langage et sa maîtrise de la langue. Il faut quelques pages pour s'habituer aux fautes d'orthographe, puis on les oublie et on peut alors être touché par le personnage.

Image tirée du film
C'est bien à mon avis le terme qui définit ce livre et son personnage : extrêmement touchant. A l'instar de la scène à laquelle fait référence le titre du roman, mais je ne peux pas vous le raconter, lisez plutôt !!

Image tirée du film
Le film
Ce roman a connu une adaptation française en 2006. J'ai été très déçue (comme souvent). L'intrigue a été énormément transformée. J'aimerais qu'un jour on m'explique pourquoi des scénaristes s'entêtent toujours à changer des histoires déjà en soi merveilleuses... J'imagine qu'en soit, le film n'est pas mal, mais c'est vraiment un succédané du roman. A choisir... vous connaissez mon avis.


L'histoire a aussi été adaptée au théâtre, et à plusieurs reprises par des films américains. Si vous les avez vus, n'hésitez pas à dire ce que vous en avez pensé !

Une étape de mon tour du monde

dimanche 22 septembre 2013

Le chat vide son sac #1

Installons une première petite rubrique : de temps en temps, je vous montrerai mes nouvelles acquisitions pour vous donner une idée de ce qui vous attend. Quoi que, pas nécessairement, quand j'achète un livre, je suis capable de le lire 3 jours plus tard, ou 3 semaines, 3 mois, 3 ans... Complètement imprévisible. Une seule chose est sûre, un jour, je finis par le lire !!!

Pour ce premier "haul", pour utiliser un terme à la mode et très français, en faisant un peu de rangement, j'ai déterré un paquet de chèques-lire. Les joies du ménage !! (En ranger plus pour en entasser plus ?) Quoi qu'il en soit, je suis allée à la librairie et je n'ai pas trouvé ce que j'avais en tête, bien évidémment (mon royaume pour une librairie digne de ce nom - pardon, mon banquier vient de dire que c'est très bien comme ça).


On ne pourra pas dire que je n'achète pas français ! Ca va me donner l'occasion de vous présenter mes chouchoux du thriller français. On trouve donc :
  • Le Passager de Jean-Christophe Grangé. Il est je crois mon auteur préféré de ce genre. Si vous voulez le découvrir, je vous conseille Le Vol des cigognes et Miserere, mes deux préférés.
  • Le requiem des Abysses et In Tenebris de Maxime Chattam. Lui non plus, on ne le présente plus. J'aime beaucoup, mais le bougre est prolifique, donc j'ai pris un retard énorme dans la lecture de ses livres ! Mon conseil découverte : Le sang du temps.
  • L'apothicaire de Henri Loevenbruck. Je ne sais pas si vous connaissez cet auteur ? Personnellement, j'aime beaucoup. Lui aussi est de la jeune génération (après vérification de la couverture, j'ai pris un coup de vieux. Oui, il était jeune quand j'ai commencé à le lire, mais en fait, ça fait déjà quelques années...). Mes conseils : Le syndrôme Copernic et le Rasoir d'Ockham.
Deux autres livres dont, pour le coup, je ne connais pas les auteurs :
  • Oscar Wilde et le mystère de Reading de Gyles Brandreth. Une enquête menée par Oscar Wilde? Ca peut être intéressant, je vais tester. D'après ce que j'ai vu, il y a toute une série.
  • Le pouvoir du moment présent d'Eckhart Tolle. C'est un livre de développement personnel dont on m'a dit beaucoup de bien il y a quelques temps. Vous connaissez cette sensation, quand tout le monde à table parle d'un livre que tout le monde, sauf vous, a lu ? Et bien voilà !
 Si vous les avez déjà lus, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! Ah oui, et aidez-moi : par lequel je commence ? Pour l'instant, j'ai un penchant pour l'un des deux univers que je ne connais pas.

samedi 21 septembre 2013

Althéa ou la colère d'un roi - Karin Hann

Je vous présente aujourd'hui un roman historique : c'est un genre que j'affectionne beaucoup ! C'est à mon avis la façon idéale d'enrichir sa culture historique sans avoir à se coltiner d'immenses pavés plein de détails dont on ne se souviendra de toute façon pas !

Le principe de la fiction historique, c'est de prendre un personnage soit inventé, soit peu connu, et de montrer à travers lui les personnages et événements importants qui lui sont contemporains. Ici, c'est Althéa, la fille adoptive de Nicolas Fouquet, personnage inventé par l'auteure pour les besoins de son intrigue. Les connaisseurs auront compris que le roi en colère n'est autre que Louis XIV.

Le livre a été publié en 2010, l'auteur est docteur en lettres et également critique littéraire.


Petit résumé
Juin 1648, Althéa, orpheline, est adoptée par Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, l'homme le plus riche et le plus influent du royaume. L’enfant grandit dans le domaine enchanteur de Vaux-le-Vicomte où se côtoient tous les brillants esprits du Grand Siècle… La Fontaine, Molière ou Pascal.
  En 1661, lorsque le surintendant organise une somptueuse fête au château, le Roi Soleil s'offusque de cette magnificence et ordonne l’arrestation de son ministre. Embastillé par D’Artagnan, Fouquet se bat plusieurs années pour laver son honneur et défendre ses droits au cours d’un procès inique. Mais le complot est savamment ourdi : on s’acharne dans l’ombre à sa perte.
  Audacieuse et décidée, Althéa va tenter l’impossible pour contrer la volonté du monarque absolu et faire libérer le prisonnier, aidée en cela du Marquis de Mergenteuil dont elle est follement éprise (source).
Mon avis
L'intrigue nous fait donc voyager entre Vaux-le-Vicomte, Fouquet, Colbert et le Masque de fer. C'est une période de l'histoire de France que je trouve très passionnante. Ce livre nous la présente de manière très simple et agréable. Ca se lit tout seul, il y a plusieurs histoires dans l'histoire... c'est un bon moyen de découvrir le sujet ou de passer un agréable moment au XVIIe siècle !

Une étape de mon tour du monde

vendredi 20 septembre 2013

Mon nouveau dada : l'aromathérapie

99 % des livres que je lis sont des romans mais, de temps en temps, je lis autre chose. Aujourd'hui, je veux vous parler d'une nouvelle acquisition dont je suis totalement fan : Ma bible des huiles essentielles, de Danièle Festy.


Pour résumer, il y a quelques temps j'ai eu de petits soucis de santé (qui se sont avérés être de l'angoisse, rien de trop grave) et, comme je ne me tordais pas de douleur, je n'ai pas du tout été prise au sérieux par les médecins qui du coup, n'ont rien proposé pour me "soigner". Rajoutez à ça tous les scandales médicaux en tout genre et la déontologie plus que douteuse de l'industrie pharmaceutique qui a pour seul objectif de nous faire avaler toujours plus de Smarties. Et pour le coup, les Français sont champions du monde !

Depuis, je m'intéresse d'un peu plus près à d'autres moyens de se soigner, loin de la médecine traditionnelle. C'est là que j'ai entendu parler des huiles essentielles. C'est bien beau, les huiles, il parait que ça marche du tonnerre, mais il ne faut pas non plus faire n'importe quoi, ça peut devenir dangereux ! C'est là que je suis tombée sur ce bijou. Plus de 500 pages, à peine 20 euros, je me suis laissée convaincre. Et j'ai été conquise. Ce que j'aime dans ce livre, c'est qu'il est incroyablement complet ! 

Pendant la moitié du livre, l'auteure, une pharmacienne, raconte l'histoire des huiles essentielles, leur méthode d'extraction, leurs différentes méthodes d'applications, leur intérêt, etc, puis présente les principales huiles avec leurs pours, leurs contres et quand les utiliser. Il y a même quelques astuces de cuisine ! C'est très précis, ce qui évite de devoir "improviser". Chaque consigne est expliquée, donc on n'a pas l'impression "d'obéir bêtement à la maîtresse" en lisant le livre, sensation qui a tendance à m'énerver !

La deuxième partie du bouquin est un recueil de différents symptômes et problèmes de santé, et comment les traiter avec des huiles. On a toujours le choix entre une huile "principale", la plus efficace, et une formule constituée de plusieurs huiles différentes, parfois même des formules à faire préparer en pharmacie, et d'autres conseils à appliquer pour soulager le problème (alimentation à adapter ou autres techniques hors des huiles essentielles), ce que je trouve intéressant, car ça montre que l'auteure n'a pas pour seul et unique but de nous vendre des huiles (d'ailleurs, si elle donne des critères pour bien choisir son huile, elle ne cite jamais une marque en particulier).

Verdict :
C'est extrêmement précis et documenté, mais aussi très facile à comprendre pour le néophyte. L'auteure est passionnée, c'est un plaisir à lire. Si vous cherchez à vous renseigner dans ce domaine, je vous recommande ce livre.

jeudi 19 septembre 2013

Amour, prozac et autres curiosités - un conseil qui valait son pesant de cacahouètes !

L'autre jour, au détour d'une conversation, une amie commence à me parler d'un livre de Lucia Etxebarria. Gné?? Connais pas. Elle m'a donc alors prêté deux romans de cette auteure espagnole, Je ne souffrirai plus par amour (dont je vous parlerai quand je l'aurai lu, parce qu'en général, ça marche mieux dans cet ordre !) et donc, Amour, prozac et autres curiosités

Quand on regarde la tête de mon exemplaire...


on voit qu'il n'est pas là pour faire joli dans la bibliothèque. Il y a du vécu, des kilomètres au compteur je ne suis pas sa première lectrice !! Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi, c'est bon signe.

Comment décrire ce livre... il est complètement déjanté ! (Quand on voit la couverture, on s'en doute.) Il a été écrit en 1999, et ça se passe en Espagne. Ca, c'est pour le contexte. Le livre raconte l'histoire de 3 soeurs, complètement différentes les unes des autres et bien incapables de se comprendre. Elles se relaient au fil des chapitres, présentés sous la forme d'un abécédaire, pour raconter leur histoire à la première personne. Une chose les relie : elles sont toutes les trois paumées, et droguées, drogue pure pour l'une, prozac pour les autres... Chacune est excessive à sa manière tout en désapprouvant les autres, alors que finalement, au fond, elles se ressemblent plus qu'elles ne se l'imaginent.

Mon avis
Le mal-être est évident, mais ce livre est très drôle car malgré tout, ces personnages débordent d'optimisme et finissent par se retrouver toutes les trois pour sortir de leur situation. Pour vous faire un dessin, je lisais dans le bus, et ça ne m'a pas empêchée d'éclater de rire à plusieurs reprises (et accessoirement, j'ai failli louper mon arrêt plusieurs fois). Certaines scènes sont assez crues, donc il vaut mieux éviter de s'asseoir à côté de la petite mamie de 80 ans qui essaie de tailler la bavette (quoique, ça pourrait être drôle).

Le ton est léger, l'histoire, à l'image de son héroïne principale, moins simple qu'elle n'en a l'air. Je le recommande !

Ce livre participe à deux challenges

Challenge XXe siècle
Une étape de mon tour du monde

mercredi 18 septembre 2013

Le jour où j'ai découvert Stefan Zweig

Qui n'a jamais entendu parler de Stefan Zweig... je l'avais dans le colimateur depuis un bon moment, je dois avoir une où deux de ses biographies, récupérées au hasard des fouilles "archéologiques" opérées dans les bibliothèques de mes grands-parents, mais je n'en avais encore jamais lu.  

Et puis un jour, je suis tombée sur ce recueil, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme et 15 autres romans et récits, aux éditions France Loisirs. L'occasion parfaite, je tente l'expérience !


Il faut savoir que je ne suis pas du tout fan des nouvelles (pour la même raison que je ne lis pratiquement pas, voire jamais de bandes dessinées). J'aime les gros pavés qui nous arrachent l'épaule à force de peser dans le sac. J'aime avoir le temps de me familiariser avec les personnages, pour mieux les aimer ou les détester. J'aime Zola qui met 3 pages à décrire un pavé mouillé. J'aime me faire mon film, en un mot. 

Et pourtant... la première nouvelle que j'ai lue s'intitule Au bord du lac Léman. C'est précisément où j'habite en ce moment, et c'est pour cela que j'ai choisi de commencer par celle-ci. Elle ne fait que huit pages, autant dire, pour moi, quelque chose de beaucoup trop court !!! Et j'ai été impressionnée par la capacité de Zweig à créer un monde très riche en très peu de mots. Cette impression ne s'est pas démentie quand j'en ai lu d'autres : on rentre très vite dans l'histoire, en peu de lignes on se sent déjà comme chez soi.

Du coup, je me suis adaptée à cette formule, je grapille une nouvelle par-ci par-là, entre deux romans.

Nouvelles contenues dans le recueil :
Printemps au Prater
La Gouvernante
Brûlant secret
Au bord du lac Léman
La Peur
Amok ou le fou de Malaisie
La femme et le paysage
Lettre d'une inconnue
La ruelle au clair de lune
Destruction d'un coeur
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
La confusion des sentiments
La collection invisible
Le voyage dans le passé
Révélation inattendue d'un métier
Le joueur d'échecs

Je vous passe les présentations de certaines des nouvelles par des gens connus, c'est à mon sens surtout un argument marketing, mais comme je ne suis pas du genre à écouter les sommités me dire ce que je dois lire, je zappe ces passages, Zweig se suffisant à lui-même !

Comme je "picore", je n'ai pas encore tout lu, mais je souhaitais déjà faire part de ma découverte de cet auteur. A ceux qui ne connaissent pas, foncez ! Ce n'est pas difficile à lire en soi, et c'est vraiment magnifique.

Pour l'instant, j'ai surtout retenu la nouvelle Brûlant secret, qui parle de la découverte par un enfant du mystérieux monde des adultes... Cette histoire vous "prend" et on adopte très facilement la vision de cet enfant de neuf ans !

En route pour une nouvelle aventure !

Bonjour !

Je me présente, Claire, rat de bibliothèque, ou plutôt chat, chacun sa mascotte ! Bienvenue dans mon petit salon à moi. Ici, les livres sont rois. L'échange, le partage, les rencontres et les discussions aussi.


Les livres ont toujours fait partie de mon identité. Que je les dévore ou que j'en lise de temps en temps, cela dépend beaucoup des périodes, mais leur importance ne se dément jamais. Petite déjà, à peine à l'école maternelle, voyant mes parents lire tous les soirs, et contemplant la bibliothèque qui trônait dans le salon, je demandai à mes parents de m'apprendre à lire. La réponse tomba comme un couperet : "on préfère attendre que ce soit la maîtresse qui t'apprenne, on a peur de ne pas t'apprendre comme il faut". Qu'à cela ne tienne, j'ai appris à lire... seule. Ma détermination, déjà, à l'époque, se faisait sentir.

Ensuite, quand j'ai commencé à gagner de l'argent de poche, tout allait dans les livres. Dans ma chambre d'adolescente trône une bibliothèque dont je ne suis pas peu fière et qui attend que je m'établisse définitivement pour repartir avec moi. C'est pour ça que je suis le chat de bibliothèqueS au pluriel, car j'installe ma mini bibliothèque partout où je me trouve.

Pourquoi donc n'ouvrir un blog "que" 20 ans après cet épisode ?

Très longtemps, j'ai tenu un (non, des) carnets de lecture, avec des résumés, des avis, ce qu'on veut. Mais une fois majeure, les études que j'ai suivies ont fait que j'ai déménagé une dizaine de fois en 5 ans. J'ai donc dû, au gré des aventures, laisser la plupart de mes livres dans la maison familiale à mesure que j'en accumulais d'autres. Les carnets aussi sont restés à quai !

Entre temps, j'ai découvert le site Goodreads, dont je vous parlerai plus tard, et qui a remplacé ces carnets.


Aujourd'hui, j'ai trouvé le compromis. Mon pragmatisme m'a empêchée de poursuivre une carrière littéraire et je me suis tournée vers les langues. Je suis aujourd'hui traductrice technique, celle à qui on envoie les notices et les sites internet, mais qu'on appelle aussi et surtout quand il faut qu'un texte soit très bien rédigé ! J'ai donc toujours un pied dans les beaux mots.

Ce blog est pour moi une nouvelle aventure, la suite naturelle de tous ces événements. Ce sera un voyage entre le passé et le présent, et j'espère que nos discussions seront nombreuses !
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